Bonjour,
Je ne souhaitais pas répondre, mais voilà.
Tout d'abord pour Marta : quel était le contexte dans lequel tu as entendu de tels propos ? Est-ce que tu connaissais les personnes et, si oui, sais-tu si elles étaient compétentes dans le domaine scientifique ? Parce que je pense qu'il ne faut accorder aucun intérêt aux "conversations de café" (c'est une image, je ne dis pas que tu étais forcément au café !) sur des sujets aussi complexes que celui-là. Pensons que la plupart des gens ne font que répéter ce qu'ils entendent sans chercher plus loin, c'est peut-être le cas des deux gars en question !
J'ai lu l'étude de Jacques Balthazart, il y a longtemps, donc les détails sont un peu flous. Malheureusement, je ne peux pas me prononcer sur la véracité du contenu, car ce n'est pas mon domaine du tout, et je serais incapable de pointer une erreur ou un biais dans sa méthodologie sur base de mes connaissances personnelles. Mais je voudrais quand même souligner deux choses :
- Mes ami-e-s (concerné-e-s par la problématique) et moi-même n'avons rien relevé d'homophobe dans ce livre, et je pense que Balthazart n'avait aucune mauvaise intention en menant cette étude, je crois au contraire qu'il l'a vraiment faite dans un souci de contribuer à l'acceptation des personnes homosexuelles ;
- Je ne connais pas Balthazart personnellement (je n'ai même jamais assisté à une de ses conférences) mais je connais l'environnement scientifique dans lequel il évolue, et cet environnement n'est pas, à ma connaissance, connu pour encourager les pseudo-scientifiques (j'espère ne pas devoir me repentir d'avoir dit ça dans le futur). Je ne sais pas dans quelle mesure il a collaboré avec les membres de son groupe de recherche en neurosciences pour écrire son ouvrage, mais en tout cas ce groupe de recherche évolue dans un cadre scientifique rigoureux dans une université publique, qui du reste est une vraie université et pas une espèce d' "université-écran" créée pour mener des recherches douteuses. Bref, tout ça pour dire qu'on est loin de l'affaire Jacques Martel :
https://www.francetvinfo.fr/culture/liv ... 04374.html
Maintenant, que l'étude de Jacques Balthazart contienne des erreurs, parce que la science
fait des erreurs, que la science avance à grands coups d'erreurs et que les données existantes sont sans cesse remises en question, et que de nouveaux chercheurs arrivent avec d'autres données, et que les moyens disponibles et les méthodologies évoluent, et que
pour ces raisons-là, l'étude de Balthazart puisse être critiquée, je suis tout à fait d'accord. J'ai d'ailleurs lu l'article d'Odile Fillod et effectivement, elle souligne des problèmes (notamment que les échantillons sont assez restreints, ou la question de la transposabilité sur l'humain des résultats obtenus sur des animaux). Et tout cela, il me semble utile de le dire. Et peut-être que Balthazart lui-même a fait des erreurs en semblant trop affirmer certaines choses, mais le fait est que sa recherche est une
recherche et qu'il y a derrière une volonté de comprendre, pas de détruire. Parce que des recherches, on en fait sur tout. Sur l'homosexualité, sur l'hétérosexualité, sur les périophtalmes et sur les codex du Moyen Âge. Parce que oui, même si on peut vivre, en tant qu'individu, sans savoir le pourquoi de certaines choses, il est nécessaire de conserver la dynamique qui nous pousse en tant qu'espèce à comprendre comment fonctionne le monde, et si nous n'avions pas cette dynamique, on en serait encore au stade le plus basique. Néanmoins, si vous vous inquiétez du financement de la recherche, je vous rassure tout de suite, il va très très mal. Et d'ailleurs plein de postes vont tomber. Dont ceux de jeunes chercheurs qui ne sauront quoi faire de leur thèse à moitié finie. En voilà une bonne nouvelle. Quelle allégresse.