@Kweeky et @absolutely :
C'est loin d'être idiot, ce que tu dis à propos de la scène de la dispute. Hier, une des personnes avec qui j'ai revu le film a vécu la scène exactement comme toi : Léa interprète une Emma fausse avec Adèle (Clémentine), Léa ne joue pas de façon fausse avec Adèle (Exarchopoulos). Il faut arriver à saisir la nuance du truc aussi : )
Comme quoi, Emma n'arriverait pas à lui reprocher d'autres choses que le fait qu'elle soit allée voir un mec. C'est ce qui revient le plus souvent, et comme dans le livre, Emma a peur qu'Adèle " ne revienne aux mecs ". D'ailleurs, durant la scène du café, la première chose qu'Emma lui demande, c'est " Tu as un petit copain ? ", avant de lui demander si elle a une copine. Ça m'a renvoyée à la scène de leur rencontre, dans le bar, où Emma lui disait : " C'est rare les filles dans ton genre ici. Du genre mineur, hétéro qui traîne dans les bars. ". Elle part d'emblée du principe qu'Adèle est hétérosexuelle. Durant la scène d'anniversaire d'Emma, on voit qu'elle jette pas mal de regards quand même, à l'ami magrébin comédien ( qui en pince pour Adèle, certes ).
Absolutely disait aussi que les scènes de disputes tournent souvent en rond chez Kechiche. Il est vrai que lorsqu'on se dispute, ça finit souvent par tourner en rond et on ne s'écoute plus. Dans leur cas :
- Mais tu m'as trompée avec un mec, connasse !
- Mais c'était rien ce mec, j'te jure ! Ecoute-moi !
- Mais tu m'as trompée avec un mec, connasse !
- Mais c'était rien ce mec, j'te jure ! Ecoute-moi !
- Mais tu m'as trompée avec un mec, connasse !
- Mais c'était rien ce mec, j'te jure ! Ecoute-moi !
[...]
Bref, ça tourne sacrément en rond.
Kweeky parlait aussi d'une porte de sortie. Ça, c'est une chose à laquelle je n'avais pas du tout pensé et c'est un point de vue intéressant :
( ou alors, c'est juste que Léa Seydoux a joué comme un manche et vous lui cherchez des excuses quoi : )
Joke, joke. Je n'ai rien de particulier contre cette actrice en plus ( c'est elle qui avait joué dans Les adieux à la reine ? Je ne l'avais même pas reconnu ! ).
Pour aller plus loin, est-ce qu'Emma est consciente du fait qu'elle n'aime plus Adèle parce que, grossièrement dit, elle n'est pas assez cultivée pour elle ? Et que ça n'a finalement rien à voir avec les hommes ? Est-ce qu'elle en a conscience mais qu'elle ne se l'avoue pas car c'est elle qui aurait finalement " le mauvais rôle dans l'histoire " ( s'il faut bêtement distribuer des mauvais points ) ? Avant la tromperie fatale, Adèle n'a rien fait de mal la pauvre. Quelque part, c'est Emma qui la pousse dehors. Hors du couple déjà, puis hors de la maison tout court.
Rien à voir mais, dans la scène du café, la phrase d'Adèle m'est toujours restée, au premier comme au second visionnage : " Et toi, tu es toujours avec la fille qui est venue chez nous ? ". J'aime bien le fait qu'Adèle ne décroche décidément pas de son histoire, elle continue d'employer le " nous " là où, c'était un peu surprenant, Emma lui disait " Je ne veux plus jamais te voir, sors de chez moi. ".
A ce sujet, j'ai pu remarquer une floraison de bleu, et une évolution bleu > rouge dans le film.
Au début du film, juste avant qu'Adèle ne rencontre Emma ( avec Sabine ) dans la rue, Adèle croise un musicien vêtu d'un t-shirt bleu qui joue d'un instrument chelou dont je n'ai pas le nom. A la fin du film, quand Adèle repart dans la rue, c'est la même musique que l'on entend. Comme une impression de boucle qui est bouclée, leur histoire est finie.
Quand Adèle perd Emma, elle voit de suite la vie en bleu. Cet aspect m'a fait pas mal penser au livre, où là aussi Clémentine voyait la vie en bleu ( ceci dit, je ne me rappelle plus si c'est avant ou après la rupture ). Tous les éléments du film ramènent à Emma, avec ce même bleu pétant : les ardoises des enfants sont bleues, un des enfants porte du vernis sur les doigts et il est bleu, les feutres sont bleu, les tables sont bleues. Adèle porte elle-même des vêtements bleu. Les portes des bâtiments dans la rue sont bleues, les panneaux sont bleu.
A la plage, un parasol s'envole et dérive, il est bleu. Les serviettes sont bleues. Elle va se baigner, elle se laisse dériver dans l'eau. Il y a un gros plan sur son visage, ses cheveux flottent et l'eau devient bleue autour d'elle. Adèle est couchée chez elle : les draps, la couette, les oreillers sont bleu. Adèle prend sa douche, la salle de bains est bleue. Quand Adèle revoit Emma au café, Emma apparaît sur un fond bleu ( et Adèle est évidemment habillée.. en bleu : ). Bref, Adèle est complètement immergée dans le bleu, elle voit du bleu partout et si on remplace "bleu" par "Emma", voilà. Elle ne sort absolument pas de son histoire avec Emma, sauf au moment décisif de l'exposition..
Emma n'est plus en bleu. Emma est passée à la couleur rouge. Elle est d'ailleurs habillée en rouge, dorénavant ( alors qu'Adèle, évidemment, est une fois de plus en bleu ). Elles discutent un peu toutes les deux, puis un ami d'Emma vient la chercher pour discuter de son expo. La caméra reste sur Adèle qui déambule, complètement perdue, dans l'expo. Mais on entend toujours le dialogue en voix-off d'Emma et de son ami. Il lui dit ( je n'ai pas les phrases au mot près ! ) : " On sent que tu as changé, Emma. Avant, c'était bleu. On voit une évolution. On voit la femme enceinte après le bleu, et puis le rouge maintenant. " Et lorsqu'il dit ça, on découvre les toiles avec Adèle. On en voit une qui illustre le propos de l'homme : une femme enceinte entre deux couleurs, le bleu et le rouge. On voit aussi que le rouge a pris le dessus. Les nouvelles toiles d'Emma sont rouges. Et puis Adèle rencontre Lise qui lui dit qu'elle est toujours là. Adèle voit le passé, les vieilles toiles bleues.
J'ai interprété ce passage comme étant la prise de conscience d'Adèle. Pour moi, c'est à ce moment-là qu'Adèle a réellement pris conscience que leur histoire est définitivement terminée (enfin, pour ces chapitres 1 & 2 en tout cas). C'est là qu'elle décide de s'en aller d'ailleurs, comme si elle avait compris qu'elle appartenait désormais au passé d'Emma.
Comme quoi, Emma n'arriverait pas à lui reprocher d'autres choses que le fait qu'elle soit allée voir un mec. C'est ce qui revient le plus souvent, et comme dans le livre, Emma a peur qu'Adèle " ne revienne aux mecs ". D'ailleurs, durant la scène du café, la première chose qu'Emma lui demande, c'est " Tu as un petit copain ? ", avant de lui demander si elle a une copine. Ça m'a renvoyée à la scène de leur rencontre, dans le bar, où Emma lui disait : " C'est rare les filles dans ton genre ici. Du genre mineur, hétéro qui traîne dans les bars. ". Elle part d'emblée du principe qu'Adèle est hétérosexuelle. Durant la scène d'anniversaire d'Emma, on voit qu'elle jette pas mal de regards quand même, à l'ami magrébin comédien ( qui en pince pour Adèle, certes ).
Absolutely disait aussi que les scènes de disputes tournent souvent en rond chez Kechiche. Il est vrai que lorsqu'on se dispute, ça finit souvent par tourner en rond et on ne s'écoute plus. Dans leur cas :
- Mais tu m'as trompée avec un mec, connasse !
- Mais c'était rien ce mec, j'te jure ! Ecoute-moi !
- Mais tu m'as trompée avec un mec, connasse !
- Mais c'était rien ce mec, j'te jure ! Ecoute-moi !
- Mais tu m'as trompée avec un mec, connasse !
- Mais c'était rien ce mec, j'te jure ! Ecoute-moi !
[...]
Bref, ça tourne sacrément en rond.
Kweeky parlait aussi d'une porte de sortie. Ça, c'est une chose à laquelle je n'avais pas du tout pensé et c'est un point de vue intéressant :
Je n'avais pas du tout pensé à la possibilité qu'Emma puisse lui dire ça pour préparer sa sortie, et non par amour. Comme nous n'avons pas le point de vue d'Emma, il faut le deviner à travers ses échanges avec Adèle, ce n'est pas évident. C'est loin d'être con comme idée. Et ça irait bien avec le déroulement de la dispute, le côté faux chez Emma.Kweeky a écrit :ce discours pour moi sonnait comme "je ne peux pas etre le centre de ton monde, il te faut autre chose pour quand je ne serais plus là" et non pas comme "je veux que ton bonheur, fais quelque chose qui te passionne". elle essaie de se déresponsabiliser en quelque sorte, elle voit arriver la fin de leur relation, ce qui pour elle est juste la fin de leur relation, mais pour Adele, c'est la fin du monde, et là elle lui donne un indice je crois, et lui dit en gros de sauver sa peau avant le naufrage imminent...
( ou alors, c'est juste que Léa Seydoux a joué comme un manche et vous lui cherchez des excuses quoi : )
Joke, joke. Je n'ai rien de particulier contre cette actrice en plus ( c'est elle qui avait joué dans Les adieux à la reine ? Je ne l'avais même pas reconnu ! ).
Pour aller plus loin, est-ce qu'Emma est consciente du fait qu'elle n'aime plus Adèle parce que, grossièrement dit, elle n'est pas assez cultivée pour elle ? Et que ça n'a finalement rien à voir avec les hommes ? Est-ce qu'elle en a conscience mais qu'elle ne se l'avoue pas car c'est elle qui aurait finalement " le mauvais rôle dans l'histoire " ( s'il faut bêtement distribuer des mauvais points ) ? Avant la tromperie fatale, Adèle n'a rien fait de mal la pauvre. Quelque part, c'est Emma qui la pousse dehors. Hors du couple déjà, puis hors de la maison tout court.
Rien à voir mais, dans la scène du café, la phrase d'Adèle m'est toujours restée, au premier comme au second visionnage : " Et toi, tu es toujours avec la fille qui est venue chez nous ? ". J'aime bien le fait qu'Adèle ne décroche décidément pas de son histoire, elle continue d'employer le " nous " là où, c'était un peu surprenant, Emma lui disait " Je ne veux plus jamais te voir, sors de chez moi. ".
A ce sujet, j'ai pu remarquer une floraison de bleu, et une évolution bleu > rouge dans le film.
Au début du film, juste avant qu'Adèle ne rencontre Emma ( avec Sabine ) dans la rue, Adèle croise un musicien vêtu d'un t-shirt bleu qui joue d'un instrument chelou dont je n'ai pas le nom. A la fin du film, quand Adèle repart dans la rue, c'est la même musique que l'on entend. Comme une impression de boucle qui est bouclée, leur histoire est finie.
Quand Adèle perd Emma, elle voit de suite la vie en bleu. Cet aspect m'a fait pas mal penser au livre, où là aussi Clémentine voyait la vie en bleu ( ceci dit, je ne me rappelle plus si c'est avant ou après la rupture ). Tous les éléments du film ramènent à Emma, avec ce même bleu pétant : les ardoises des enfants sont bleues, un des enfants porte du vernis sur les doigts et il est bleu, les feutres sont bleu, les tables sont bleues. Adèle porte elle-même des vêtements bleu. Les portes des bâtiments dans la rue sont bleues, les panneaux sont bleu.
A la plage, un parasol s'envole et dérive, il est bleu. Les serviettes sont bleues. Elle va se baigner, elle se laisse dériver dans l'eau. Il y a un gros plan sur son visage, ses cheveux flottent et l'eau devient bleue autour d'elle. Adèle est couchée chez elle : les draps, la couette, les oreillers sont bleu. Adèle prend sa douche, la salle de bains est bleue. Quand Adèle revoit Emma au café, Emma apparaît sur un fond bleu ( et Adèle est évidemment habillée.. en bleu : ). Bref, Adèle est complètement immergée dans le bleu, elle voit du bleu partout et si on remplace "bleu" par "Emma", voilà. Elle ne sort absolument pas de son histoire avec Emma, sauf au moment décisif de l'exposition..
Emma n'est plus en bleu. Emma est passée à la couleur rouge. Elle est d'ailleurs habillée en rouge, dorénavant ( alors qu'Adèle, évidemment, est une fois de plus en bleu ). Elles discutent un peu toutes les deux, puis un ami d'Emma vient la chercher pour discuter de son expo. La caméra reste sur Adèle qui déambule, complètement perdue, dans l'expo. Mais on entend toujours le dialogue en voix-off d'Emma et de son ami. Il lui dit ( je n'ai pas les phrases au mot près ! ) : " On sent que tu as changé, Emma. Avant, c'était bleu. On voit une évolution. On voit la femme enceinte après le bleu, et puis le rouge maintenant. " Et lorsqu'il dit ça, on découvre les toiles avec Adèle. On en voit une qui illustre le propos de l'homme : une femme enceinte entre deux couleurs, le bleu et le rouge. On voit aussi que le rouge a pris le dessus. Les nouvelles toiles d'Emma sont rouges. Et puis Adèle rencontre Lise qui lui dit qu'elle est toujours là. Adèle voit le passé, les vieilles toiles bleues.
J'ai interprété ce passage comme étant la prise de conscience d'Adèle. Pour moi, c'est à ce moment-là qu'Adèle a réellement pris conscience que leur histoire est définitivement terminée (enfin, pour ces chapitres 1 & 2 en tout cas). C'est là qu'elle décide de s'en aller d'ailleurs, comme si elle avait compris qu'elle appartenait désormais au passé d'Emma.