arthémis a écrit :N'est ce pas ainsi que s'amorcent les histoires ? Les circonstances...Il faut déciller les yeux de l'autre avant de le faire tomber...
C'est joliment dit.
Bon, j'm'y mets.
Je crois que c'est le premier film lesbien que j'ai vu volontairement, en sachant dans quoi je m'embarquais, disons. Du coup, c'est le premier qui m'a chamboulé. Peut-être aussi parce qu'il s'agit d'une relation prof/élève et celles qui connaissent mon histoire y verront l'importance que j'ai pu donner à ce film et les raisons qui m'ont amené à le regarder. N'empêche, j'ai adoré, j'ai trouvé la relation vachement belle mais j'ai moins aimé le côté trop "pauvre femme fragile" de la prof... J'ai bien aimé son côté torturé par sa relation avec son "amie", à regarder les photos, les recolorer etc... J'ai trouvé ça touchant et puis, du coup, pour le spectateur ça explique qu'elle n'est pas forcément, celle qu'on croit. (bon ok, on le sait que la madame aura une p'tite histoire avec son élève, le film est connu pour ça, mais j'ai trouvé assez bien foutu cette façon d'amener la chose.)
Après, je trouve dommage de penser qu'elle a refoulé ses sentiments et qu'il ressorte avec son élève comme ils auraient pu sortir avec n'importe quelle nana... p'têtre mon mini côté romantique mais j'aime bien croire que c'est elle et personne d'autres, qu'elle en est tombé amoureuse pour ce qu'elle est. J'ai bien aimé cette attirance, ce silence, ces sous-entendus, ce besoin de stopper, refoulé les sentiments parce qu'impossible. Et le joli chamboulement de la fin, la chanson, la prof dehors, le désir, le lâcher prise. Magnifiquement bien fait, sans tomber dans le pathos, non plus.
Donc, oui, j'ai adoré ce film, moins le personnage de la prof qui ne sait pas ce qu'elle veut et qui demande à une jeune fille de la définir, alors qu'au fond, elle sait très bien qui elle est. (j'vais me foutre des gens à dos, avec mon truc, moi

)
J'pense que la fin est top. (encore mon côté pessimiste?) on a besoin de cette fin pour apprécier complètement cette histoire comme on a besoin de l'interdit pour savourer davantage la liberté... ça fait, qu'on fini le film, en repensant à leurs moments de tendresses. Et puis, c'était nécessaire, aussi, sans doute... l'histoire ne pouvait pas continuer... (un peu comme Dom Juan, son auteur est bien obligé de le condamné... non ?)