Clieuterpe a écrit :J'ai été voir hier soir
L'Apollonide, souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello.
Ce film montre le quotidien d'une maison close à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, entre intimité des filles, rapports aux clients et gestion de l' "entreprise".
J'ai trouvé que la reconstitution historique de la vie en maison close était très réussie, même dans ses aspects les plus étonnants. On voit aussi, en contre-point du propos principal, les avantages que représente pour les filles le travail en maison et non dans la rue, ainsi que la sécurité que permet la légalité de la prostitution - par exemple, la protection de l'établissement par la préfecture, les visites médicales imposées aux filles par l'Etat...
En plus, l'esthétique du film est vraiment agréable. C'est très inspiré de la peinture de l'époque (notamment Renoir, Le Caravage...), les couleurs sont travaillées, et l'atmosphère parfois étouffante de la maison est bien rendue.
Côté lesbien... Eh ben en fait j'hésite à employer le terme "lesbien"
Parce que les relations affectives et charnelles entre les filles sont une constante du film, mais ça ne va pas plus loin que l'amitié ou la cohésion de groupe. Il n'y a aucune histoire d'amour ou de liaison suivie, ni même de couple clairement formé - c'est un parti pris du film, parce qu'autrement il existait bien sûr des histoires d'amour lesbiennes dans le monde de la prostitution...
En fait, le "lesbianisme" est ici montré comme un facteur de solidarité professionnelle, ce qui est assez pertinent.
Quelqu'une d'autre l'a vu ?...
Je déterre ce vieux message pour (enfin) rebondir dessus puisque j'ai eu l'occasion de voir ce merveilleux film.
J'ai littéralement accroché ! Les costumes, les lumières, l'esthétique sont extrêmement bien travaillées. Plusieurs fois j'ai eu l'impression tout comme Clieuterpe de me trouver face à des tableaux d'époque. A bien y penser, j'ai trouvé un semblant d'atmosphère commun avec
The Secret Diaries of Anne Lister que j'avais adoré. Une anecdote pour les costumes tirée d'Allociné :
Bertrand Bonello a travaillé avec la costumière Anaïs Romand, spécialiste de cette époque. Comme le budget du film était réduit, elle a privilégié les dessous et les corsets. Elle a également fait broder chaque corset sur mesure.
Ce film est touchant, bien ficelé, et on se laisse volontiers emporter par l'histoire de chacune. Toutes ces femmes au caractère si différent, juxtaposées dans un lieu confiné, les émotions et le caractère si fraternel qui les lient sont très bien mis en scène. Quand bien même le 98% du film se déroulent dans la maison close et que le côté étouffant quelques fois en ressort, il ne dégorge pas, il y a un bon équilibre entre "lieu de travail" et "lieu de vie".
De plus, malgré la rudesse du métier qui est rappelée à de nombreuses occasions (scène gynéco, prison de vie, risques du métier,...), transparait une douceur familiale et contextuelle (ie: "parce que toutes dans le même bateau") entre chacune des protagonistes.
La musique soul 60' est aussi un des points forts de ce long métrage ! Une seconde petite anecdote du réalisateur Bertrand Bonello à cette occasion :
Je ne qualifierais pas non plus
L'Apollonide de lesbien, les relations entre femmes qui y sont décrites sont plus amicales que toute autre chose. Mais cela faisait un moment que je n'avais pas eu de coup de coeur pour un film, voire des décennies pour un film français !
Pour finir, je remets le
trailer pour les curieuses.
Ainsi squatte-il.