On se rend bien compte des "crushes" que certains élèves éprouvent pour nous. On remarque leur comportement, leurs bonnes notes, leur regard qui se dérobe, leur timidité.
Si le prof fait un tant soit peu attention, souvent il le sent.
Je dis "crush" quand ça reste mignon, innocent, normal : chacun reste à sa place sans envahir l'autre. Tomber amoureux d'une figure adulte, admirer son côté "je sais tout", "je suis disponible", "je suis là pour toi et t'aider", accessible aussi, sympa, drôle, à l'écoute, c'est normal, c'est une phase dans la vie. Les copains/copines sont trop jeunes et immatures, les adultes pour la plupart sont inaccessibles et hautains.
Rester à sa place, c'est l'élève qui va écrire au crayon sur le brouillon de l'examen en fin d'année X love Y (je rappelle que les 3/4 des élèves ne savent pas qu'il faut "s" à la 3è pers du singulier en angl) ou calcule X aime Y à 87% en comptant les lettres ou que sais-je...
Le prof ne va pas convoquer l'élève, l'élève ne va pas plus loin. C'est adorable, ça fait partie de la vie.
Là où ça devient gênant, c'est quand l'élève va plus loin : il veut en savoir plus, il s'impose, repère et croise "par hasard" plusieurs fois par semaine le chemin du prof (parfois son quartier), écrit dans son blog (pas très malin non plus, enfin) des articles à son intention, tente une correspondance... Ca, ça devient de l'harcelement.
Ou quand le prof profite de son rôle. Je rappelle que le prof est un adulte, le mentor, le guide, l'exemple de l'élève. Il ne peut devenir l'ami, le confident sans prendre des risques de briser cet équilibre si fragile. Déontologiquement si l'élève est majeur, légalement si l'élève est mineur : l'un et l'autre doivent rester à leur place.
[(...) ici j'Auto-Censuré et j'ai effacé un paragraphe après avoir vu que certains messages de certains forums apparaissent dans des reportages, appelez-moi Parano]
Voilà - quel retour fracassant, dites-moi