ah super, la fonction
Recherche a bien maché, il existe donc déjà un topic sur ce film que j´ai regardé hier soir sans me douter de la liaison homosexuelle entre Marie et... ah zut! le nom de l´étudiante m´échappe déjà...
Ce qui me frappe est la facon dont sont traitées les deux relations sexuelles de cette étudiante: avec le flic, pas d´amour, il le dit lui-même en voix off, pas de sentiment donc pas de peur de perdre l´autre donc tout est permis, et leurs rapports sexuels se veulent "violents", sans retenu sans tabou, c´est l´idée, vu qu´à ce moment de son récit on le voit la prendre par derrière, dont le seul indice est qu´il met un peu de salive sur ses doigts (pour humidifier l´entrée qui ne le fait pas toute seule...). Par contre on ne voit pas les deux femmes coucher ensemble, le seul plan où elles sont nues ensemble est dans le bain qu´elles prennent ensemble, Marie caresse les cheveux de l´étudiante, l´eau est chaude, c´est très symboliquement maternel tout ca....
Ce film contribue à véhiculer le cliché de l´amour lesbien tendre qui laisse la femme aimant le sexe frustrée sexuellement en somme.
Mais je n´aurais rien écrit sur ce film si ce matin je ne m´étais pas souvenu d´un détail: au début de l´histoire, quand l´étudiante, en s´adressant au flic, évoque pour la première fois Marie (dont on ignore encore tout et du personnage et de la nature de leur relation), dit qu´elle aimerait être comme elle. Encore un cliché de l´homosexualité féminine, si une femme tombe amoureuse d´une autre femme c´est parce qu´elle voudrait être comme elle...
Alors je me dis qu´on ne pense pas qu´un couple hétérosexuel fonctionne ainsi, parce qu´il ne vient pas à l´idée de penser qu´une femme voudrait être comme un homme ou vice-versa... On ne vient même pas à l´idée de penser qu´une femme qui couche avec un homme "s´empare" d´un pénis qu´elle n´a pas et qu´elle aimerait bien avoir... à écouter des amies hétéros me parler de leurs aventures j´ai souvent eu cette idée de... d´appropriation dans l´acte sexuel du corps de l´autre.
Le thème de vouloir être comme l´autre, la fascination qu´exerce l´un sur l´autre se rencontre souvent dans le traitement du thème de l´homosexualité, je ne l´ai pas encore rencontré dans une histoire d´hétéro... peut-être que ca existe aussi, je ne sais pas, mais c´est ce qui m´a marquée dans
Les voleurs. Un peu comme si l´homosexualité était un passage qui aiderait à se trouver, et ensuite, on passe à une relation d´une autre nature, c´est l´idée de base de ceux qui croient que l´homosexualité à l´adolescence est normale, et... "passera".
J´ai pourtant bien aimé ce film. Parce que Catherine Deneuve est belle

(même si je me dis que le choix de l´actrice dans la peau d´une prof de philo un peu ratée et alcoolique (son livre ne se vent pas, ses cours ne sont pas du tout vivants, elle lit, pour une prof de philo qui normalement est dans le discours, l´échange, c´est un mauvais signe...., et elle a toujours du whisky avec elle dans un flacon particulier, celui que toute personne dépendante d´un alcool particulier porte avec elle discrètement), Catherine Deneuve ne joue pas bien ce rôle... elle est trop classe, encore trop belle, trop posée, trop souveraine. Et à propos de souverainité, justement, je trouve que sa fin n´est pas crédible....
ne pas lire le spoiler si vous voulez voir le film
J´ai bien aimé ce film pour les dialogues au ton direct, franc, une marque de Téchiné j´ai l´impression, c´est le deuxième film que je regarde de ce réalisateur et c´est la deuxième fois que je note cette particularité dans les dialogues, l´attention portée à l´authenticité et à la franchise.