On assiste donc à l'enfermement de la jeune Suzanne Simonin dans le couvent Sainte Marie, contre son gré et l'on découvre vite l'absurdité et la violence d'une telle situation. Un 1ere mère prieure âgée, certes compréhensive, mais qui demande à Suzanne de céder et d'attendre que Dieu vienne à elle, telle une fatalité puis une seconde prieure, soeur christine (jouée par Louise Bourgouin), autoritaire, mauvaise, perverse qui va infliger les pires humiliations et tortures à Suzanne afin de la punir de tout et n'importe quoi. Au final, on se demande si elle ne la punit pas tout simplement d'avoir su garder une tel esprit frondeur. Car Suzanne ne plie jamais, elle ne cesse de se révolter et de rester libre dan sa tête. Soeur christine est entrée dans le rang, on n'en saura pas plus mais on imagine très bien qu'elle a dû accepter très tôt le destin choisi par sa famille et que la révolte qui avait dû l'animer n'est pas tout à fait éteinte et la transforme volontiers en bourreau.
Puis vint Isabelle Huppert, plus exactement mère supérieure du couvent saint Eutrope!
Une fois mutée dans ce nouveau couvent, j'ai eu l'impression que Suzanne arrivait dans un lieu de bonheur simple, de joie, de bonne humeur, de plaisirs partagés... c'est le cas de le dire.
Toutes les religieuses respirent la joie de vivre, plus de méchancetés gratuites entre soeurs, tout le monde s'aime!
La mère supérieure explique très clairement à la jeune Suzanne qu'elle n'avait aucun goût pour ces choses dont on comprend très bien qu'il s'agit de relations sexuelles avec les hommes, que certainement la vie qui l'attendait, à savoir obéir à un mari, lui faire des enfants voire les élever ne lui convenait pas et que son entrée au couvent l'a sauvée de cette destinée.
Elle semble très heureuse dans ce couvent.
On comprend très vite aussi qu'elle désire très fortement des femmes, qu'elle vit sûrement une sexualité épanouie dans son couvent et que nombre de petites jeunes qui passent passent aussi dans son lit.
Evidemment, elle jette son dévolue sur Suzanne et se meurt de désir pour elle. A partir de là, je vais vous faire un aveu, j'étais morte de rire à chacune de ses interventions et d'ailleurs la personne qui m'accompagnait ce soir là l'était tout autant! ( Georges pour ne pas la nommer

)
Problème: je me suis aperçue assez vite que nous étions les seules à rire dans une salle pourtant bien remplie...
Je précise que j'ai trouvé Isabelle Huppert excellente dans son jeu et que si j'ai ri, il ne s'agit point de moquerie mais bien de situations comiques tant le personnage est maladroit, grotesque, guidé uniquement par son désir et au final touchant.
Suzanne résiste fort bien à ses avances et tentatives d'attouchement, ce qui m'a permis de continuer à rire sans doute. Je suis restée dans une grande empathie envers ce personnage joué par Huppert totalement perdu, dans l'incompréhension face au refus de Suzanne.
J'ai aussi continué à rire car je l'ai trouvée dans une place de soumission, dans l'attente et l'espoir d'une relation et non dans une position de pouvoir et de domination qu'aurait pu dicter sa position de mère supérieure. Point d'humiliation chez elle ou de torture à qui se refuse à elle, il n'y a aucune volonté de vengeance chez elle, juste le sentiment d'être encore plus perdu qu'elle n'est déjà. Je l'ai trouvée bouleversante.
Et puis il y a soeur Thérèse, la petite jeune arrivée avant Suzanne, qui elle, a succombé aux avances de la mère supérieure. Perdue , dans l'incompréhension totale face à l'"abandon" qu'elle subit à l’arrivée de Suzanne. Très touchante et la mère supérieure qui ne trouve comme explication que : "Thérèse est folle"...

ça y est le fou-rire me reprend...
