Assez d'accord avec Michelle sur l'obsolescence des gros éditeurs littéraires français, qui tentent (et viennent de réussir) de garder leurs privilèges et de profiter de l'avènement du livre électronique pour booster leurs profits.
Ils viennent donc de réussir à faire voter le texte qui leur permet, comme pour les livres papier, de fixer eux-mêmes les prix des livres électroniques.
Donc en France, aucune chance de pouvoir acheter des ebooks à un prix correspondant à leur prix réel de création et de fabrication.
Mais il n'y a pas qu'en France que le problème se pose des éditeurs qui profitent de l'arrivée des ebooks pour se refaire une santé financière.
Partout, le prix des ebooks est excessif.
Il est totalement anormal que le prix des ebooks soit si peu inférieur à celui des livres papier.
Aucun argument des éditeurs pour tenter de justifier ce prix élevé des ebooks ne tient la route.
Et ils font tout pour retarder la création de systèmes de vente d'ebooks "d'occasion" ou "de poche" (types échanges payant à moindre prix), tout en s'étonnant de l'explosion du piratage...
Les grosses maisons vendeuses de livres viennent de se faire taper sur les doigts aux Etats-Unis pour entente sur les prix et gonflage artificiel du prix des ebooks.
La différence est peut-être là : aux Etats-Unis les mécanismes de défense des consommateurs interviennent et sont relayés par les représentants des citoyens, tandis qu'en France, on vote d'en haut, sans débat citoyen, des lois pour protéger les intérêts financiers sous prétexte d'art.
Sinon sur la lecture comparée des livres papiers et électroniques, pour moi, seul le contenu compte.
Les discussions partout sur l'infinie supériorité prétendue du livre papier rappellent tout à fait celles du temps de l'arrivée du livre de poche. Comme à présent avec le livre électronique, les éditeurs craignaient pour leurs bénéfices et freinaient des quatre fers, reprenant l'argument entendu par certains lecteurs : lire des livres sur un support aussi bas de game, du papier de mauvaise qualité, etc., jamais ça ne vaudrait de lire de beaux grands livres reliés à couverture glacée...
Maintenant certains éditeurs français justifient leur frilosité à sortir les livres sur support électronique en reprenant l'argument de certains lecteurs : lire un ebook ça ne vaut pas la lecture d'un vrai livre papier...
Bon, ça passera comme le reste a passé.
Mais en France, on restera coincé par le lobby des éditeurs qui a imposé sa loi sur le prix de l'ebook...
Personnellement, quand je suis plongée dans un livre, j'oublie totalement le support.
Le confort est bien sûr important, et pas seulement pour les yeux.
Donc un bon écran d'ordinateur (il en existe à présent d'excellents peu chers), un bon siège, une bonne installation bureautique et un bon éclairage :
rien de mieux.
Quant au contenu, le livre électronique/"internautique" a des avantages incontestables par rapport au livre papier dont certains, je l'espère, seront mieux exploités dans le futur : la traduction immédiate et extra-facile des livres étrangers, la possibilité de liens hypertextes renvoyant à des informations, des images, des vidéos, des fonctions, etc, etc. Mille et une autres possibilités futures.
En ce qui concerne les appareils de lecture électroniques, personnellement, jamais je ne paierais pour un appareil mobile uniquement destiné à lire des livres, en tous cas pas aux prix scandaleux auxquels ils sont vendus.
Il y a sur le marché des tas d'appareils mobiles type tablet, PDA, etc. qui servent à plein d'autres choses aussi, dont téléphone, agenda, GPS, lecture vidéo, etc., et ont de plus en plus des batteries fiables, des écrans au top à haute définition, pour finalement à peine plus cher que les Kindle et cie.
Et au moins avec ces mobiles, on peut lire tous les formats de livre électronique, on n'est pas coincé par un seul fournisseur qui fait exprès de verrouiller ses formats pour obliger à l'achat de son appareil et seulement de celui-là !
Livre papier glacé ou de poche ou électronique : l'un n'est pas supérieur aux autres. ce qui compte c'est qu'on ait le choix. Tous les supports existeront toujours.
Mais à quels prix, pour quels intérêts ? Celui des lecteurs et des écrivains, ou celui des éditeurs et des vendeurs ? Là est le problème.