Il était une fois des lesbiennes du passé...
Posté : sam. 22 nov. 2008 16:45
Si la visibilité compte tant et est un enjeu aujourd'hui, il n'en était peut-être pas de même avant... Je ne savais pas où mettre ce sujet qui j'espère n'intéressera pas que ma pomme : les femmes lesbiennes (même si c'est anachronique) dans l'histoire ou plus modestement dans le passé...
J'ai découvert il y a peu, alors que c'est déjà bien connu en Angleterre, le personnage assez singulier qu'est Anne Lister.
Voici ce qu'en dit Wikipedia :
Anne Lister est née le 3 avril 1791 à Halifax (Yorkshire), morte dans le Caucase le 8 août 1840. Elle est la fille de Rebecca Battle et de Jeremy Lister (1752-1836), qui servit en 1775 dans le 10e Régiment d'Infanterie britannique dans la bataille de Lexington et Concord, pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Il écrivit le récit de ces événements dans un manuscrit qui est conservé à Shibden Hall, la propriété rurale, bâtie en 1420, dont Anne Lister hérita de son oncle. Elle avait quatre frères et deux sœurs. Ses frères meurent en bas âge, et le dernier se noie dans un accident de bateau en Écosse, en 1813. Anne est placée à quatorze ans à la Manor Boarding School, une école pour filles. L'année suivante, en 1806, elle y rencontre son premier amour, Eliza Raine. Le mariage de ses parents se révélant un échec, Anne préfère visiter son oncle James et sa tante Anne (frère et sœur, tous deux célibataires), dans leur propriété de Shibden Hall. À la mort de James, en 1826, elle hérite de la propriété. Possédant une fortune confortable et gérant ses biens avec une grande rigueur, Anne Lister peut mener sa vie comme elle l'entend.
À partir de 1806, elle écrit un journal qui remplira vingt-quatre volumes, dont certaines parties (environ un sixième) sont écrites dans un code chiffré : car Anne Lister est, encore aujourd'hui, considérée comme la première lesbienne moderne. Pour autant que l'y autorisent les règles de la société de l'époque, elle assume pleinement son homosexualité, malgré le harcèlement et les vexations dont elle est victime. Elle avoue ouvertement son admiration pour les Ladies of Llangollen, deux femmes de la bonne société anglo-irlandaise qui avaient à la fin du XVIIIe siècle, défrayé la chronique par leur amitié littéraire, romantique et saphique. À Halifax, on la surnomme « Gentleman Jack ». Elle multiplie les aventures, qu'elle ne se fait pas faute de relater dans son journal, dans son écriture codée. Du reste ce journal n'a jamais été destiné à la publication. Mais Anne Lister s'impose aussi un programme d'études rigoureux, s'intéresse à tout, et ne recule devant aucune des activités réservées habituellement aux hommes.
Passionnée par les voyages, elle va en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Scandinavie, dans les Alpes, et dans les Pyrénées françaises et espagnoles. Elle n'hésite pas à s'écarter des routes touristiques pour aller visiter des orphelinats, des prisons, des usines ou des mines, s'intéressant à la politique, à l'industrie, aussi bien qu'à la botanique.
Elle vient à Paris pour la première fois avec sa tante, en 1819. Elle y revient en 1824 pour perfectionner son français, mais aussi pour soigner une maladie vénérienne.
Elle fait un premier voyage dans les Pyrénées en août 1830.
En 1832, elle rencontre et vivra désormais avec Ann Walker, une riche héritière avec qui elle va restaurer Shibden Hall, et avec qui elle a célébré un mariage non officiel, échangeant des alliances.
En 1839, après sa première au Vignemale, Anne Lister et Ann Walker s'embarquent pour la Russie. Elles visitent Saint-Petersbourg, trop occidentale au goût d'Anne, puis Moscou. En 1840, à Kutaisi, au pied du Caucase, en Géorgie, Anne est prise d'une forte fièvre et meurt, le 8 août. Elle projetait de continuer son périple vers le Moyen Orient et de gravir le mont Ararat. Ann Walker mettra sept mois à ramener son corps embaumé, d'abord à Moscou, puis en Angleterre, et le faire inhumer dans l'église paroissiale Sainte-Anne de Southowram, près d'Halifax. Ann Walker reste à Shibden Hall, jusqu'à ce que sa sœur et son beau-frère, le capitaine Sutherland, la fassent interner dans un asile d'aliénés, où elle meurt en 1854.
La notoriété d'Anne Lister est à double face : personnalité du monde homosexuel — et littéraire — en Grande-Bretagne, figure essentielle du pyrénéisme en France, ces deux aspects étant rarement évoqués ensemble.
Il existe un documentaire anglais disponible (sans sous-titres malheureusement) sur youtube : http://fr.youtube.com/watch?v=1Cvs6Qy7rqA
Je trouve cette histoire absolument bluffante et en même temps très triste. Une fille gênante se trouve très vite à l'asile à cette époque. Anne Lister a eu plus de chance que Ann Walker. Forcément, ça m'a fait pensé à Sarah Waters et Maud Lily à l'asile, à la suite de sa mère.
Et vous ? Y a t-il des femmes que vous admirez dans le passé plus ou moins lointain, voire dans l'histoire ?
J'ai découvert il y a peu, alors que c'est déjà bien connu en Angleterre, le personnage assez singulier qu'est Anne Lister.
Voici ce qu'en dit Wikipedia :
Anne Lister est née le 3 avril 1791 à Halifax (Yorkshire), morte dans le Caucase le 8 août 1840. Elle est la fille de Rebecca Battle et de Jeremy Lister (1752-1836), qui servit en 1775 dans le 10e Régiment d'Infanterie britannique dans la bataille de Lexington et Concord, pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Il écrivit le récit de ces événements dans un manuscrit qui est conservé à Shibden Hall, la propriété rurale, bâtie en 1420, dont Anne Lister hérita de son oncle. Elle avait quatre frères et deux sœurs. Ses frères meurent en bas âge, et le dernier se noie dans un accident de bateau en Écosse, en 1813. Anne est placée à quatorze ans à la Manor Boarding School, une école pour filles. L'année suivante, en 1806, elle y rencontre son premier amour, Eliza Raine. Le mariage de ses parents se révélant un échec, Anne préfère visiter son oncle James et sa tante Anne (frère et sœur, tous deux célibataires), dans leur propriété de Shibden Hall. À la mort de James, en 1826, elle hérite de la propriété. Possédant une fortune confortable et gérant ses biens avec une grande rigueur, Anne Lister peut mener sa vie comme elle l'entend.
À partir de 1806, elle écrit un journal qui remplira vingt-quatre volumes, dont certaines parties (environ un sixième) sont écrites dans un code chiffré : car Anne Lister est, encore aujourd'hui, considérée comme la première lesbienne moderne. Pour autant que l'y autorisent les règles de la société de l'époque, elle assume pleinement son homosexualité, malgré le harcèlement et les vexations dont elle est victime. Elle avoue ouvertement son admiration pour les Ladies of Llangollen, deux femmes de la bonne société anglo-irlandaise qui avaient à la fin du XVIIIe siècle, défrayé la chronique par leur amitié littéraire, romantique et saphique. À Halifax, on la surnomme « Gentleman Jack ». Elle multiplie les aventures, qu'elle ne se fait pas faute de relater dans son journal, dans son écriture codée. Du reste ce journal n'a jamais été destiné à la publication. Mais Anne Lister s'impose aussi un programme d'études rigoureux, s'intéresse à tout, et ne recule devant aucune des activités réservées habituellement aux hommes.
Passionnée par les voyages, elle va en Italie, en Belgique, aux Pays-Bas, au Danemark, en Scandinavie, dans les Alpes, et dans les Pyrénées françaises et espagnoles. Elle n'hésite pas à s'écarter des routes touristiques pour aller visiter des orphelinats, des prisons, des usines ou des mines, s'intéressant à la politique, à l'industrie, aussi bien qu'à la botanique.
Elle vient à Paris pour la première fois avec sa tante, en 1819. Elle y revient en 1824 pour perfectionner son français, mais aussi pour soigner une maladie vénérienne.
Elle fait un premier voyage dans les Pyrénées en août 1830.
En 1832, elle rencontre et vivra désormais avec Ann Walker, une riche héritière avec qui elle va restaurer Shibden Hall, et avec qui elle a célébré un mariage non officiel, échangeant des alliances.
En 1839, après sa première au Vignemale, Anne Lister et Ann Walker s'embarquent pour la Russie. Elles visitent Saint-Petersbourg, trop occidentale au goût d'Anne, puis Moscou. En 1840, à Kutaisi, au pied du Caucase, en Géorgie, Anne est prise d'une forte fièvre et meurt, le 8 août. Elle projetait de continuer son périple vers le Moyen Orient et de gravir le mont Ararat. Ann Walker mettra sept mois à ramener son corps embaumé, d'abord à Moscou, puis en Angleterre, et le faire inhumer dans l'église paroissiale Sainte-Anne de Southowram, près d'Halifax. Ann Walker reste à Shibden Hall, jusqu'à ce que sa sœur et son beau-frère, le capitaine Sutherland, la fassent interner dans un asile d'aliénés, où elle meurt en 1854.
La notoriété d'Anne Lister est à double face : personnalité du monde homosexuel — et littéraire — en Grande-Bretagne, figure essentielle du pyrénéisme en France, ces deux aspects étant rarement évoqués ensemble.
Il existe un documentaire anglais disponible (sans sous-titres malheureusement) sur youtube : http://fr.youtube.com/watch?v=1Cvs6Qy7rqA
Je trouve cette histoire absolument bluffante et en même temps très triste. Une fille gênante se trouve très vite à l'asile à cette époque. Anne Lister a eu plus de chance que Ann Walker. Forcément, ça m'a fait pensé à Sarah Waters et Maud Lily à l'asile, à la suite de sa mère.
Et vous ? Y a t-il des femmes que vous admirez dans le passé plus ou moins lointain, voire dans l'histoire ?