Toute ta réflexion m'a fait penser à moi et la musique. Sur onze ans j'ai appris deux instruments de musique, le premier j'y ai passé quatre ans et le deuxième sept ans, sauf que voilà quand j'ai commencé le deuxième j'ai lâchement abandonné le premier focalisée sur le nouveau pour m’apercevoir un an plus tard que je ne savais plus jouer du premier et aujourd'hui je ne sais même plus jouer des deux !
La musique est un peu un cas à part, pour moi c'est différent avec l'écriture.
Et là ça fait presque un an et des centaines de pages pour un truc tout aussi inutile. Pas inutile, mais... comment dire... juste pour le "fun"...
Ce que je vais dire n'engage que moi, mais peut-être y trouveras-tu une réponse à ton message précédent.
Juste pour le "fun" ? Peut-être mais justement tu y as pris plaisir non ? N'est-ce pas le but de la manœuvre, ce qui est la preuve que c'est tout sauf inutile, tu as crée quelque chose, qui a été, et est toujours suivi par des personnes chez qui ta création fait écho.
Tu parles d'amateurisme comme quelque chose de négatif. La première définition de ce mot (ouais je suis allée vérifier dans le dico) n'est pas celle que tu donnes, la tienne arrive même en troisième position.
Alors voilà d'après Larousse ce qu'est un amateur: Une personne qui a du goût, un penchant pour quelque chose. Ou encore une personne qui s'adonne à un art, un sport,etc,sans en faire profession.
Le manque de compétences, c'est normal, lorsque nous commençons quelque chose nous sommes un peu comme des gamins qui apprennent à marcher, on tombe, on recommence un peu à quatre patte et on se relève.
Il y a un exercice auquel j'aime bien m'adonner, c'est relire mes premières histoires régulièrement. Petit à petit je remarque une évolution. Ces compétences dont tu parlais sont inexistantes puis au fil des récits, une phrase est un peu mieux écrite, un verbe bien employé, signe pour moi que ces capacités sont là, qu'elles lèvent timidement le doigt pour s'intégrer et à force de persévérance s'insinuent doucement.
C'est vrai, oui on est des amateurs, mais quel mal y a-t-il à cela ? Un amateur c'est beau et touchant, c'est quelqu'un qui travaille pour quelque chose en quoi il croit, et ça pour moi ça mérite le respect.
Je me souviens d'une review que j'ai eu pour une de mes histoires qui disait "Bravo c'est courageux d'écrire et j'en sais quelque chose " en effet, la personne en question écrit aussi des fanfictions.
Je trouve sa phrase vachement bien, un amateur, c'est aussi une personne courageuse.
truc où tu investies tes heures de sommeil, ton temps, tes passions, pour quoi tu te donnes à fond... pour rien.
Là permets-moi d'exprimer mon désaccord. Dans la mesure où tu y passes autant de temps c'est simplement une autre passion qui se fait connaître.
Tout sa beauté réside aussi dans le temps que tu y consacres, tu as trouvé une chose justement qui te passionne.
Je me souviens enfant de l'image de ces savants obnubilés par leurs recherches, tellement investis que le monde autour d'eux n'existait plus. Je les enviais d'avoir trouvé quelque chose en quoi ils croyaient si fort qu'ils s'y investissaient à fond.
Moi je trouve ça extraordinaire, cette force n'est pas donnée à tout le monde et ce n'est pas pour "rien",(regarde le nombre de aïtus ou ceux qui te dises: "oh non, moi je ferai jamais ça c'est trop compliqué").
Pour la petite histoire, pour moi l'écriture est devenue très importante. J'ai un travail avec beaucoup de responsabilités, et où comme beaucoup d'autres malheureusement l'augmentation de l'activité, et les absences récurrentes entraînent un sous effectif nous obligeant à travailler plus, donc plus de fatigue, de stress etc ...
L'écriture permet de s'évader (certains diront de fuir,je ne suis pas d'accord mais c'est un autre débat), de résister à cette pression continuelle, de ne pas se laisser manger par ces pensées parasites persistantes après avoir pourtant quitté l'établissement où tu travailles et retrouvé le cocon où tu vis.Parce que même avec les proches,les amis, qui sont aussi là pour vous soutenir, vous finissez par reparler de ces tracas à un moment ou un autre.
Et c'est mon amateurisme qui m'aide aussi énormément, cette bulle où les pensées encombrantes sont laissées au dehors, mais également mon manque de compétences qui inconsciemment me donne envie de me dépasser pour proposer des histoires d'une qualité une peu plus élevée à chaque fois et peu importe si elle est infime, et non visible au premier abord.
Alors vive l'amateurisme, le manque de compétences, la passion qui nous tient devant cette page blanche, et je n'estime pas que l'on perde son temps, "que l'on se donne à fond pour rien",on apprend toujours quelque chose, tu ne vois peut-être pas maintenant, mais un jour tu t'en apercevras.
Quand aux échecs, ce n'est pas un jeu aux règles compliquées, moi j'aime bien et j'en suis même une amatrice
