J'ai tout de même envie de témoigner à mon tour, parce que je ne parle pas souvent (jamais?) de ça à mes amis de peur de les ennuyer profondément.
J'ai fait mon coming out... en début d'année! A part pour une de mes cousines qui a suivi mes questionnements et mes découvertes depuis le début, j'ai tardé à le faire non pas par crainte des réactions de mes parents mais parce qu'ils étaient en pleine séparation et que je l'occasion de le faire ne se présentait pas. J'ai dit à ma mère que j'avais une copine quand elle m'a demandé ce qu'il se passait dans ma vie, elle a été surprise mais était contente et on a pas mal parlé de ça, je lui ai présenté la fille en question le lendemain. (J'abrège je sais que le sujet n'est pas le coming out =O), puis je l'ai dit à mon frère après une grosse dispute avec mon père dont il est venu me sauver. Sa réaction: "Tant mieux si tu le vis bien! Moi je me demande si ça n'aurait pas été mieux que je sois gay, parfois. Dis le à papa, ça lui fera plaisir!", donc un ou deux jours après je le disais à mon père qui a été très vexé que je l'ai dit à ma mère en premier, et qui lui avait deviné depuis un certain temps. Pour les deux ça a été perçu comme une marque de confiance, comme une démarche que je faisais pour les inclure dans ma vie.
Depuis, j'ai l'impression que mon homosexualité a créé des liens de complicité dans ma famille. Déjà, moi qui trouvais toujours un bon moyen d'être là où on m'attendait le moins, j'ai trouvé ma place, je me cherche moins. Ensuite, je parle de filles avec mon paternel qui en connaît un rayon en la matière et est je crois ravi de la perspective d'avoir deux belles-filles potentielles plutôt qu'un spécimen de chaque. C'est un sujet de rigolade, et un des rares sur lesquels on ne risque pas de se disputer.
Il y a deux jours, je mangeais avec ma mère, ma tante et ma cousine (paternelles) et je ne sais plus comment mais le sujet des enfants est venu sur la table et ma cousine, l'ainée de cette génération de la famille, a dit qu'elle ne pensait pas être la première qui en aurait. J'ai répondu avec un grand sourire que ce ne serait certainement pas moi non plus et tout le monde a éclaté de rire, y compris ma tante à qui je ne l'avais pas dit mais qui a tempéré par un "les choses avancent, juridiquement, ça sera pas toujours si compliqué!", et ma mère d'ajouter "comment, ça tient plus, ton plan avec xxami-d-'enfancexx?". Ces réactions m'ont donné du baume au coeur, surtout que je suis la première homo dans la famille à ma connaissance, mis à part un lointain cousin qui se serait même marié. De façon générale, quand j'étais petite je savais que je pouvais devenir qui je voulais. Même dans les questions-un-peu-chiantes de cousins et cousines que je ne voyais pas souvent, et qui me sortaient "Alors, et toi, il y a un garçon qui te plaît? Non? Une fille?"...
Voilà voilà. Je ne le dirai quand même pas à tout le monde, mes grands parents par exemple n'ont pas besoin de le savoir. Peut-être qu'ils le prendraient très bien, mais je ne prendrai pas le risque de créer ne serait-ce qu'une légère gêne. J'ai quand même abordé le sujet du mariage homo avec ma grand-tante, ce que personne n'avait osé avant moi héhé. Je leur en parlerai sans hésiter s'ils s'y intéressent ou si je rencontre une fille tellement géniale que je voudrai la faire connaître au monde entier.
Je tiens à indiquer à ceux qui n'ont pas reçu un accueil aussi simple que le mien qu'ils ont toute mon admiration... Il vous a fallu un courage autrement plus conséquent!