[Film] Bloomington
-
Leisha85
- Messages : 16
- Enregistré le : dim. 12 sept. 2010 19:23
Re: [Film] Bloomington
franchement je préfère loving anabelle... l'approche entre les 2 femmes au début de bloomington est un peu trop rapide a mon gout !!!
- fremonette
- Messages : 353
- Enregistré le : sam. 14 nov. 2009 17:43
Re: [Film] Bloomington
J’ai beaucoup aimé le film, la photo, l’ambiance, les couleurs… Certes, comme vous l’avez dit, ça fait un peu parfois trop « IKEA » et « Monde parfait ». Mais qu’importe, on est dans une fiction, je préfère ça que voir un panier de linge sale trainer dans un coin et des meubles crados :°
Bon, pour parler plus sérieusement du film… Moi j’ai le sentiment que maintenant au cinéma, on a plus tendance à la fin du film, à séparer le couple qui s’aime malgré tout. Montrer une sorte de « sacrifice », ça fait une histoire d’amour beaucoup plus belle que le Happy End trop facile du style « Ils/Elles se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… ». Si la réalisatrise avait choisi de laisser les deux femmes se retrouver à la fin, certains auraient pu qualifier le film de « Trop facile », « bête histoire d’amour à l’eau de rose ». Tandis que là, elle n’a justement pas fait le choix de ce que tout le monde attendait/désirait et ça, ça parait tout de suite plus intelligent et subtil. Et puis, les plus belles histoires d’amour sont celles qui se finissent mal… ^^
Sinon, j’avoue que la flagrante différence d’âge entre Catherine et Jackie m’a vraiment gêné. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que l’une pouvait très bien passer pour la mère de l’autre, si qqu arrivait en plein milieu du film et voyait les deux femmes aussi proches. Pour moi, c’est tout simplement un « raté » si je puis m’exprimer ainsi. Certes, si le personnage de Jackie a 22 ans et la prof la trentaine, ça ne me choque pas. Mais pourquoi avoir choisi une actrice ou alors la faire passer physiquement pour qqu à qui je donnerais à peine 15-16 ans ?? O_o Des actrices de 22 ans qui paraissent plus adultes que la Jackie du film, y’en a des tas, alors pourquoi l’avoir choisi elle ?? Ce sera pour le moi le grand mystère qui m’empêchera de dormir jusque la fin des temps (bon, j’exagère un tooout petit peu
).
C’est vrai qu’à plusieurs moments, on a le sentiment que Catherine s’occupe de Jackie comme si c’était une enfant. Quand elle l’aide à prendre son bain (sans être elle-même dans le bain !) ou quand elle lui coupe sa viande… Après, je me suis dit « Et maintenant imaginons que c’était deux femmes du même âge ? », et bien j’avoue que ces deux situations ne m’auraient pas choqué et m’évoquerait simplement un comportement dans un couple « normal ». Donc voilà, comment je me suis remise en question toute seule
J’ai également été très surprise à la vitesse à laquelle les deux femmes s’échangent leur premier baiser. Mais en même temps, ce n’est pas plus mal ! Car la majorité des films traitant de l’homosexualité féminine, c’est une hétéro qui tombe amoureuse d’une lesbienne et qui pendant les ¾ du film se demande ce qui lui arrive, se pose des questions et blablabla… Alors que là, direct on a droit a des scènes de couples et surtout, l’histoire ce n’est pas « une-hétéro-qui-tombe-amoureuse-d-une-homo » mais juste une histoire d’amour entre deux personnes de mondes totalement différents et qui vont grandir l’une avec l’autre. Et ce scénario aurait très bien pu être adapté entre un homme et une femme et c’est pas plus mal. C’est juste une histoire d’amour « banale » mais avec deux femmes.
Pfiou ! Voilà, merci de m'avoir lue jusqu'au bout !
Bon, pour parler plus sérieusement du film… Moi j’ai le sentiment que maintenant au cinéma, on a plus tendance à la fin du film, à séparer le couple qui s’aime malgré tout. Montrer une sorte de « sacrifice », ça fait une histoire d’amour beaucoup plus belle que le Happy End trop facile du style « Ils/Elles se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… ». Si la réalisatrise avait choisi de laisser les deux femmes se retrouver à la fin, certains auraient pu qualifier le film de « Trop facile », « bête histoire d’amour à l’eau de rose ». Tandis que là, elle n’a justement pas fait le choix de ce que tout le monde attendait/désirait et ça, ça parait tout de suite plus intelligent et subtil. Et puis, les plus belles histoires d’amour sont celles qui se finissent mal… ^^
Sinon, j’avoue que la flagrante différence d’âge entre Catherine et Jackie m’a vraiment gêné. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser que l’une pouvait très bien passer pour la mère de l’autre, si qqu arrivait en plein milieu du film et voyait les deux femmes aussi proches. Pour moi, c’est tout simplement un « raté » si je puis m’exprimer ainsi. Certes, si le personnage de Jackie a 22 ans et la prof la trentaine, ça ne me choque pas. Mais pourquoi avoir choisi une actrice ou alors la faire passer physiquement pour qqu à qui je donnerais à peine 15-16 ans ?? O_o Des actrices de 22 ans qui paraissent plus adultes que la Jackie du film, y’en a des tas, alors pourquoi l’avoir choisi elle ?? Ce sera pour le moi le grand mystère qui m’empêchera de dormir jusque la fin des temps (bon, j’exagère un tooout petit peu
C’est vrai qu’à plusieurs moments, on a le sentiment que Catherine s’occupe de Jackie comme si c’était une enfant. Quand elle l’aide à prendre son bain (sans être elle-même dans le bain !) ou quand elle lui coupe sa viande… Après, je me suis dit « Et maintenant imaginons que c’était deux femmes du même âge ? », et bien j’avoue que ces deux situations ne m’auraient pas choqué et m’évoquerait simplement un comportement dans un couple « normal ». Donc voilà, comment je me suis remise en question toute seule
J’ai également été très surprise à la vitesse à laquelle les deux femmes s’échangent leur premier baiser. Mais en même temps, ce n’est pas plus mal ! Car la majorité des films traitant de l’homosexualité féminine, c’est une hétéro qui tombe amoureuse d’une lesbienne et qui pendant les ¾ du film se demande ce qui lui arrive, se pose des questions et blablabla… Alors que là, direct on a droit a des scènes de couples et surtout, l’histoire ce n’est pas « une-hétéro-qui-tombe-amoureuse-d-une-homo » mais juste une histoire d’amour entre deux personnes de mondes totalement différents et qui vont grandir l’une avec l’autre. Et ce scénario aurait très bien pu être adapté entre un homme et une femme et c’est pas plus mal. C’est juste une histoire d’amour « banale » mais avec deux femmes.
Pfiou ! Voilà, merci de m'avoir lue jusqu'au bout !
-
Clementina
Re: [Film] Bloomington
Bloomington.
J'ai découvert ce film par hasard sur le site Univers-L il y a peu. L'atmosphère de l'affiche a attiré mon attention, ce qui est plutôt rare. J'ai fini par le trouver et je l'ai regardé.
Comme je n'attendais pas grand chose de ce film que je venais de découvrir, ah si passer juste un moment simple et si possible agréable, je n'ai pas eu le temps de ressentir de la déception, surtout en 1h22. Trop court à mon goût.
Au final, j'ai accroché sur certains points, sur d'autres pas du tout.
Ensuite, j'ai découvert qu'il y avait un forum sur le site Univers-L et qu'il était possible de donner son avis au sujet de ce film. J'aimerais donner le mien.
Pour commencer, la personnalité et l'attitude de Catherine m'ont beaucoup plu.
J'ai trouvé que c'était un personnage attachant, émouvant, marrant, spontané, attentionné, naturel, simple, attentif, charismatique et bien sûr, à part. Son petit air intimidant me fait sourire, surtout au début quand elle teste Jackie pour voir ses réactions et après les mythes créent par les étudiants à son sujet, rappellent à quel point le milieu scolaire ne me manque pas. D'ailleurs, on sent bien qu'elle en est lassée, malgré l'amusement par moment qu'elle laisse ressentir. Elle semble surtout se concentrer sur son boulot et la rédaction de son article, en se rendant compte que c'est tout ce qu'elle a dans sa vie.
Sa solitude, son retrait et l'aspect de son chez soi, sont d'autres points qui ont attiré mon attention. Son intérieur nickel, n'est en aucun cas un désir de rester dans la perfection pour moi, c'est simplement un reflet de vide, de manque et d'absence. Il ne faut pas oublier que c'est un héritage de ses parents qui sont morts.
Après, je pourrai m'attarder sur plein d'autres petits détails que j'ai aimé concernant Catherine, mais ça serait bien trop long.
A l'inverse, je n'ai pas accroché avec la personnalité et l'attitude de Jackie.
C'est un personnage que j'ai trouvé très centré sur lui-même, vivant au rythme de ses envies, de ses troubles, sans se remettre réellement en question, avec un énorme manque de maturité et sans réelle profondeur. Elle n'a pas que l'allure d'une ado, elle agit comme une ado, elle a des réflexions d'ado. Je trouve que son personnage est très caricatural et manque de simplicité, entre trop de grimaces exagérées et son impossibilité à couper simplement une carotte en rondelles et même à mettre correctement de la lessive dans une machine à laver le linge. C'est trop, même si elle n'a jamais eu à le faire auparavant.
Ce qui pourrait être attachant, c'est par moment son petit minois de sale gosse aux petits airs innocents. Mais elle est bien loin d'être innocente la petite Jackie.
C'est un personnage très contradictoire aussi.
Ensuite, le moment que j'ai adoré et peut-être même préféré dans le film, c'est lors du premier baiser, jusqu'au moment où toutes les deux se retrouvent ensemble chez Catherine. Il y a plusieurs paradoxes, ce qui donne un rythme plutôt intéressant à ces différentes séquences.
Catherine embrasse Jackie, sûre d'elle, sachant qu'elle n'a plus grand chose à perdre vu la réputation qu'on lui donne. Elle attend un peu que Jackie reprenne ses esprits et ne perd pas de temps à lui demander si elle veut venir chez elle. Cette réflexion d'ailleurs m'a fait rire, surtout suivi du "what?..no!" de Jackie en récupérant son verre dans la main de Catherine. Tout va vite. On bifurque ensuite chez Catherine, une maison bien fermée, plutôt sombre, avec seulement une lumière faible qui laisse un léger premier aperçu de l'intérieur vide, sans oublier le chien, qui doit être surtout là pour "garder" la maison et donner un peu de vie. Direction la chambre avec le doux "come with me" de Catherine tout en prenant la main de Jackie. Une lenteur s'installe. Toutes les deux sont dans la chambre, avec toujours cette sensation de vide et de pénombre. D'ailleurs j'aime beaucoup la lumière faible et les quelques petites notes de musique plutôt discrètes qui s'ajoutent en fond. Elles continuent par s'observer. Tout évolue de plus en plus lentement. Jackie se laisse faire, pendant qu'on découvre une Catherine attentive, plutôt tendre, puis peu à peu fragile, en faisant attention à ne pas brusquer Jackie, à aucun moment. Elle lui demande même si elle peut s'allonger à ses côtés, sans prendre l'initiative d'aller plus loin et observe Jackie tout en la laissant agir. On est très loin de l'enchaînement plutôt rapide de Catherine entre le premier baiser au drink et la proposition d'aller chez elle. On fini par comprendre rapidement que Catherine est une personne fragilisée et seule, moins intimidante qu'elle ne le laisse paraître sur le campus. Puis Jackie semble vouloir aller plus loin sans pouvoir maîtriser la situation. Catherine la laisse faire tout en se laissant plonger dans le regard de Jackie, toujours à la recherche de ce que l'autre ressent.
Tout au long de cette scène, on en voit une qui cherche beaucoup le regard de l'autre, à savoir ce qu'il dit, ce qu'il veut, tout en dégageant une certaine fragilité à travers son propre regard de femme mature et on en voit une autre qui ne laisse rien paraître, juste une frayeur marquée sur son visage, sans vraiment savoir ce qu'elle veut faire. Elles se laissent aller l'une vers l'autre et on passe au lendemain matin.
Une différence est visible encore entre les deux le lendemain matin: l'une est encore nue, apaisée dans son sommeil, l'autre se réveille un peu déboussolée en étant habillée, comme si elle avait pris le temps d'enfiler quelques fringues dans la nuit pour se sentir plus tranquille et partir plus vite. Jackie file sur la pointe des pieds, en laissant ce lapin en peluche à sa place. C'est une touche d'humour, mais en même temps je trouve que ça parle beaucoup sur Catherine, qui semble avoir un lapin en peluche dans sa grande baraque vide. Ca m'a plutôt interpelé ce petit détail et d'ailleurs ça m'a servi pour une question que je me suis posée par la suite.
Pour moi, ce sont les séquences les plus importantes. Elles résument le schéma du film. Catherine est la plus mature des deux et peut-être même la plus fragile, elle sera là pour accompagner Jackie en étant la plus éprise et Jackie filera.
Tout évolue vite à travers une lenteur et une pudeur loin d'être désagréable, entre le baiser au drink et le tête à tête chez Catherine. Ca reste simple et ça me plait.
Après il y a eu plusieurs moments importants et intéressants, mais qui ont été trop survolé, c'est bien dommage.
Quand la fin est arrivée, j'ai simplement retenu que rien n'avait changé pour Jackie. Sa vie est autour de la série, elle se cherche un peu en désirant passer incognito à l'université, mais finalement elle y a tue le temps à l'université en ayant quelques privilèges l'air de rien. Elle reproche à sa mère de ne pas avoir été assez présente, tout en restant éloignée, sans chercher à comprendre le ressenti de sa mère qui a certainement été exclue. Elle rencontre Catherine, qui la soutient et qui lui permet de ne pas être seule à l'Université. Son ancien agent refait surface et finalement elle fait le choix de revenir dans un milieu factice et superficiel, afin de retrouver un rôle de justicier de l'espace, cette fois-ci en excluant Catherine, tout en espérant qu'elle puisse être heureuse pour elle. A aucun instant Jackie ne se remet en question. Elle reproduit juste le même schéma ado et ensuite dix ans après.
En ce qui concerne Catherine, on retient que sa vie tourne autour de la psychologie anormale, (peut-être une forme d'auto-psychanalyse), son boulot de prof, qu'elle semble faire des recherches et écrire un article. Elle est lassée de l'ambiance à l'université. Elle y rencontre Jackie, l'invite, l'accompagne, l'aide, s'ouvre à elle, tombe amoureuse, comprend vite qu'elle est exclue du monde de Jackie, qu'elle doit la laisser filer, mais avec en prime la perte de son boulot et du respect de ses élèves. Il ne lui reste que son article, son chien et son héritage.
Je n'ai pas réussi a totalement choper la réelle morale de l'histoire à la fin, c'est allé trop vite.
Qu'est-ce qu'elles se sont réellement apportées? c'était ma question, en arrivant à me dire que Jackie avait apporté de l'amour dont manquait Catherine et Catherine a apporté du soutien que Jackie a toujours attendu. C'est la grosse différence pour moi entre les deux et qui a fini par créer un gros décalage entre elles.
Ensuite, l'autre question que je me suis posée: pourquoi avoir crée autant de différence physiquement et au niveau de la maturité des deux femmes et surtout d'avoir accentué le côté ado de Jackie?
La différence d'âge ne m'a pas choqué, pas du tout, mais je me suis demandée ce qui avait rapproché Catherine de Jackie, mis à part une certaine solitude qu'elles vivent.
Finalement, on réalise que pratiquement vers le même âge pendant leur adolescence, il y a eu un arrêt et une coupure dans leur vie et qu'elles ont dû le vivre différemment chacune de leur côté. Alors on peut penser que toutes les deux inconsciemment, reviennent ensemble à cette coupure, qu'elles ne sont pas si éloignées que ça au niveau de l'âge d'une manière symbolique, que Jackie est restée l'ado qu'elle était et que Catherine à travers Jackie retrouve cette adolescence qu'elle a dû perdre rapidement à travers la mort brutale de ses parents à 15 ans. D'ailleurs ça me ramène à ce détail surprenant, du lapin seul dans la chambre de Catherine. C'est un symbole d'enfance, d'insouciance, que quelque part la grande prof charismatique a besoin de préserver dans un petit coin et que Jackie fait renaître.
Après, peut-être que je pousse un peu trop loin mes observations.
Mais je trouve dommage que ce film a été bâclé. Il méritait d'être plus creusé, surtout au niveau de la relation entre Jackie et sa mère, j'aurai même trouvé intéressant que Catherine soit confrontée directement à la vie parentale de Jackie. Plus de remise en questions m'aurait beaucoup plu et aussi de se sentir plus plongée dans les questionnements et la psychologie des personnages. J'aurai bien apprécié me sentir plus invitée dans le film, à réfléchir avec les personnages, sans vouloir attendre à tout prix une grosse prise de tête filmée.
Après j'avoue que quelques détails m'ont fait froncer les sourcils, comme l'absence du père de Jackie, ou alors j'ai sauté un détail et c'est normal qu'on ne le voit jamais dans les parages, puis qu'elle ait eu sa licence de pilote si jeune et son Mark manager qui semblait bien plus âgé, disons un détournement de mineur, sauf s'il était manager à 16-17 ans <_< mais bon ça à la limite je m'en moque.
Pour finir, j'avoue que je me suis surtout attachée à la personnalité de Catherine, sans ça, je pense que le film serait supprimé, aux oubliettes et que je ne serai pas venue ici faire part de mes observations.
J'ai découvert ce film par hasard sur le site Univers-L il y a peu. L'atmosphère de l'affiche a attiré mon attention, ce qui est plutôt rare. J'ai fini par le trouver et je l'ai regardé.
Comme je n'attendais pas grand chose de ce film que je venais de découvrir, ah si passer juste un moment simple et si possible agréable, je n'ai pas eu le temps de ressentir de la déception, surtout en 1h22. Trop court à mon goût.
Au final, j'ai accroché sur certains points, sur d'autres pas du tout.
Ensuite, j'ai découvert qu'il y avait un forum sur le site Univers-L et qu'il était possible de donner son avis au sujet de ce film. J'aimerais donner le mien.
Pour commencer, la personnalité et l'attitude de Catherine m'ont beaucoup plu.
J'ai trouvé que c'était un personnage attachant, émouvant, marrant, spontané, attentionné, naturel, simple, attentif, charismatique et bien sûr, à part. Son petit air intimidant me fait sourire, surtout au début quand elle teste Jackie pour voir ses réactions et après les mythes créent par les étudiants à son sujet, rappellent à quel point le milieu scolaire ne me manque pas. D'ailleurs, on sent bien qu'elle en est lassée, malgré l'amusement par moment qu'elle laisse ressentir. Elle semble surtout se concentrer sur son boulot et la rédaction de son article, en se rendant compte que c'est tout ce qu'elle a dans sa vie.
Sa solitude, son retrait et l'aspect de son chez soi, sont d'autres points qui ont attiré mon attention. Son intérieur nickel, n'est en aucun cas un désir de rester dans la perfection pour moi, c'est simplement un reflet de vide, de manque et d'absence. Il ne faut pas oublier que c'est un héritage de ses parents qui sont morts.
Après, je pourrai m'attarder sur plein d'autres petits détails que j'ai aimé concernant Catherine, mais ça serait bien trop long.
A l'inverse, je n'ai pas accroché avec la personnalité et l'attitude de Jackie.
C'est un personnage que j'ai trouvé très centré sur lui-même, vivant au rythme de ses envies, de ses troubles, sans se remettre réellement en question, avec un énorme manque de maturité et sans réelle profondeur. Elle n'a pas que l'allure d'une ado, elle agit comme une ado, elle a des réflexions d'ado. Je trouve que son personnage est très caricatural et manque de simplicité, entre trop de grimaces exagérées et son impossibilité à couper simplement une carotte en rondelles et même à mettre correctement de la lessive dans une machine à laver le linge. C'est trop, même si elle n'a jamais eu à le faire auparavant.
Ce qui pourrait être attachant, c'est par moment son petit minois de sale gosse aux petits airs innocents. Mais elle est bien loin d'être innocente la petite Jackie.
C'est un personnage très contradictoire aussi.
Ensuite, le moment que j'ai adoré et peut-être même préféré dans le film, c'est lors du premier baiser, jusqu'au moment où toutes les deux se retrouvent ensemble chez Catherine. Il y a plusieurs paradoxes, ce qui donne un rythme plutôt intéressant à ces différentes séquences.
Catherine embrasse Jackie, sûre d'elle, sachant qu'elle n'a plus grand chose à perdre vu la réputation qu'on lui donne. Elle attend un peu que Jackie reprenne ses esprits et ne perd pas de temps à lui demander si elle veut venir chez elle. Cette réflexion d'ailleurs m'a fait rire, surtout suivi du "what?..no!" de Jackie en récupérant son verre dans la main de Catherine. Tout va vite. On bifurque ensuite chez Catherine, une maison bien fermée, plutôt sombre, avec seulement une lumière faible qui laisse un léger premier aperçu de l'intérieur vide, sans oublier le chien, qui doit être surtout là pour "garder" la maison et donner un peu de vie. Direction la chambre avec le doux "come with me" de Catherine tout en prenant la main de Jackie. Une lenteur s'installe. Toutes les deux sont dans la chambre, avec toujours cette sensation de vide et de pénombre. D'ailleurs j'aime beaucoup la lumière faible et les quelques petites notes de musique plutôt discrètes qui s'ajoutent en fond. Elles continuent par s'observer. Tout évolue de plus en plus lentement. Jackie se laisse faire, pendant qu'on découvre une Catherine attentive, plutôt tendre, puis peu à peu fragile, en faisant attention à ne pas brusquer Jackie, à aucun moment. Elle lui demande même si elle peut s'allonger à ses côtés, sans prendre l'initiative d'aller plus loin et observe Jackie tout en la laissant agir. On est très loin de l'enchaînement plutôt rapide de Catherine entre le premier baiser au drink et la proposition d'aller chez elle. On fini par comprendre rapidement que Catherine est une personne fragilisée et seule, moins intimidante qu'elle ne le laisse paraître sur le campus. Puis Jackie semble vouloir aller plus loin sans pouvoir maîtriser la situation. Catherine la laisse faire tout en se laissant plonger dans le regard de Jackie, toujours à la recherche de ce que l'autre ressent.
Tout au long de cette scène, on en voit une qui cherche beaucoup le regard de l'autre, à savoir ce qu'il dit, ce qu'il veut, tout en dégageant une certaine fragilité à travers son propre regard de femme mature et on en voit une autre qui ne laisse rien paraître, juste une frayeur marquée sur son visage, sans vraiment savoir ce qu'elle veut faire. Elles se laissent aller l'une vers l'autre et on passe au lendemain matin.
Une différence est visible encore entre les deux le lendemain matin: l'une est encore nue, apaisée dans son sommeil, l'autre se réveille un peu déboussolée en étant habillée, comme si elle avait pris le temps d'enfiler quelques fringues dans la nuit pour se sentir plus tranquille et partir plus vite. Jackie file sur la pointe des pieds, en laissant ce lapin en peluche à sa place. C'est une touche d'humour, mais en même temps je trouve que ça parle beaucoup sur Catherine, qui semble avoir un lapin en peluche dans sa grande baraque vide. Ca m'a plutôt interpelé ce petit détail et d'ailleurs ça m'a servi pour une question que je me suis posée par la suite.
Pour moi, ce sont les séquences les plus importantes. Elles résument le schéma du film. Catherine est la plus mature des deux et peut-être même la plus fragile, elle sera là pour accompagner Jackie en étant la plus éprise et Jackie filera.
Tout évolue vite à travers une lenteur et une pudeur loin d'être désagréable, entre le baiser au drink et le tête à tête chez Catherine. Ca reste simple et ça me plait.
Après il y a eu plusieurs moments importants et intéressants, mais qui ont été trop survolé, c'est bien dommage.
Quand la fin est arrivée, j'ai simplement retenu que rien n'avait changé pour Jackie. Sa vie est autour de la série, elle se cherche un peu en désirant passer incognito à l'université, mais finalement elle y a tue le temps à l'université en ayant quelques privilèges l'air de rien. Elle reproche à sa mère de ne pas avoir été assez présente, tout en restant éloignée, sans chercher à comprendre le ressenti de sa mère qui a certainement été exclue. Elle rencontre Catherine, qui la soutient et qui lui permet de ne pas être seule à l'Université. Son ancien agent refait surface et finalement elle fait le choix de revenir dans un milieu factice et superficiel, afin de retrouver un rôle de justicier de l'espace, cette fois-ci en excluant Catherine, tout en espérant qu'elle puisse être heureuse pour elle. A aucun instant Jackie ne se remet en question. Elle reproduit juste le même schéma ado et ensuite dix ans après.
En ce qui concerne Catherine, on retient que sa vie tourne autour de la psychologie anormale, (peut-être une forme d'auto-psychanalyse), son boulot de prof, qu'elle semble faire des recherches et écrire un article. Elle est lassée de l'ambiance à l'université. Elle y rencontre Jackie, l'invite, l'accompagne, l'aide, s'ouvre à elle, tombe amoureuse, comprend vite qu'elle est exclue du monde de Jackie, qu'elle doit la laisser filer, mais avec en prime la perte de son boulot et du respect de ses élèves. Il ne lui reste que son article, son chien et son héritage.
Je n'ai pas réussi a totalement choper la réelle morale de l'histoire à la fin, c'est allé trop vite.
Qu'est-ce qu'elles se sont réellement apportées? c'était ma question, en arrivant à me dire que Jackie avait apporté de l'amour dont manquait Catherine et Catherine a apporté du soutien que Jackie a toujours attendu. C'est la grosse différence pour moi entre les deux et qui a fini par créer un gros décalage entre elles.
Ensuite, l'autre question que je me suis posée: pourquoi avoir crée autant de différence physiquement et au niveau de la maturité des deux femmes et surtout d'avoir accentué le côté ado de Jackie?
La différence d'âge ne m'a pas choqué, pas du tout, mais je me suis demandée ce qui avait rapproché Catherine de Jackie, mis à part une certaine solitude qu'elles vivent.
Finalement, on réalise que pratiquement vers le même âge pendant leur adolescence, il y a eu un arrêt et une coupure dans leur vie et qu'elles ont dû le vivre différemment chacune de leur côté. Alors on peut penser que toutes les deux inconsciemment, reviennent ensemble à cette coupure, qu'elles ne sont pas si éloignées que ça au niveau de l'âge d'une manière symbolique, que Jackie est restée l'ado qu'elle était et que Catherine à travers Jackie retrouve cette adolescence qu'elle a dû perdre rapidement à travers la mort brutale de ses parents à 15 ans. D'ailleurs ça me ramène à ce détail surprenant, du lapin seul dans la chambre de Catherine. C'est un symbole d'enfance, d'insouciance, que quelque part la grande prof charismatique a besoin de préserver dans un petit coin et que Jackie fait renaître.
Après, peut-être que je pousse un peu trop loin mes observations.
Mais je trouve dommage que ce film a été bâclé. Il méritait d'être plus creusé, surtout au niveau de la relation entre Jackie et sa mère, j'aurai même trouvé intéressant que Catherine soit confrontée directement à la vie parentale de Jackie. Plus de remise en questions m'aurait beaucoup plu et aussi de se sentir plus plongée dans les questionnements et la psychologie des personnages. J'aurai bien apprécié me sentir plus invitée dans le film, à réfléchir avec les personnages, sans vouloir attendre à tout prix une grosse prise de tête filmée.
Après j'avoue que quelques détails m'ont fait froncer les sourcils, comme l'absence du père de Jackie, ou alors j'ai sauté un détail et c'est normal qu'on ne le voit jamais dans les parages, puis qu'elle ait eu sa licence de pilote si jeune et son Mark manager qui semblait bien plus âgé, disons un détournement de mineur, sauf s'il était manager à 16-17 ans <_< mais bon ça à la limite je m'en moque.
Pour finir, j'avoue que je me suis surtout attachée à la personnalité de Catherine, sans ça, je pense que le film serait supprimé, aux oubliettes et que je ne serai pas venue ici faire part de mes observations.
-
Lynxette
Re: [Film] Bloomington
Bienvenue Clementina, pense à te présenter
Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu un roman pareil...
Bonne analyse. Je serai un peu plus nuancée sur le côté gamin de Jackie elle a grandit dans un milieu assez fermé (i.e celui du cinéma et de la télé), je ne pense pas que ça rende plus adulte, je pense même que ça infantilise et fragilise encore plus... Son côté teenager boulet je le trouve normal et compréhensible. Et puis y a ce petit côté où tu as l'impression qu'elle se sent obligée de se faire passer pour une bébéte
comme pour se conforter dans l'idée que Catherine a des choses à lui apprendre et que c'est ce qui les lie. On dirait qu'elle se sent obligée de faire ça pour rassurer Catherine en somme...
Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu un roman pareil...
Modifié en dernier par Lynxette le lun. 12 déc. 2011 23:10, modifié 2 fois.
-
lesbionic
- Messages : 643
- Enregistré le : sam. 26 juin 2010 11:16
- Localisation : Paris
Re: [Film] Bloomington
Merci Clementina,
Je te rejoins assez sur ce film. Un point dommageable, c'est le côté fermé scolaire qui laisse peu de place aux relations mère-fille et mère-Catherine. Mais peut être aussi que j'ai fait le tour des relations prof-élève
Je te rejoins assez sur ce film. Un point dommageable, c'est le côté fermé scolaire qui laisse peu de place aux relations mère-fille et mère-Catherine. Mais peut être aussi que j'ai fait le tour des relations prof-élève
J'ai rêvé, j'ai eu foi, j'ai tellement aimé
Que je ne suis plus de ce monde
Que je ne suis plus de ce monde
-
Clementina
Re: [Film] Bloomington
Lynxette, tu peux considérer que mon premier post ici est une forme de présentation. Mais si c'est obligé d'y passer officiellement, j'essaierai de trouver le chemin des présentations. J'ai peur de me faire cuisiner je crois.
C'est difficile de nuancer, comme tu dis, à propos du côté gamin de Jackie, dans le sens où c'est forcé et caricaturé.
Ensuite, on peut toujours trouver des raisons pour lesquelles Jackie est restée cette éternelle ado vraiment gamine, les trouver tout à fait compréhensible, mais au final, à travers le personnage en lui-même, je ne ressens rien de très constructif. Sur quels points Jackie évolue? il n'y a aucune remise en question, elle dit simplement que sa mère n'était pas là sur les plateaux, mais pourquoi? puis le moment où Jackie se sert de Catherine comme taxidriver pour l'emmener à sa soirée empruntée organisée par les producteurs et qu'ensuite en rentrant, elle ne fait que parler de son petit rôle en taquinant Catherine sur une éventuelle amourette dans le film, sans se soucier une seule seconde de ce que Catherine a pu ressentir pendant toute la soirée à rester en plan en l'observant au loin, là je trouve qu'elle est très immature, centrée sur elle-même et qu'on aimerait lui ouvrir les yeux pour espérer qu'elle réalise comment elle agit et lui faire comprendre ce qui s'est passé avec sa mère, qu'elle est en train de reproduire avec Catherine.
A la fin, elle part rejoindre un milieu faux dans lequel elle sera fausse pour jouer un rôle qui sonne très faux, chose qu'elle avait déjà vécu 10 ans auparavant. On n'avance pas je trouve.
Se faire passer pour une bébête, de quels moments tu parles? peut-être avec les autres étudiants et encore, disons qu'elle est maligne et sait comment s'y prendre pour obtenir ce qu'elle veut.
Au début Catherine est plutôt "rassurée" en s'apercevant que Jackie a besoin d'elle, pas à travers de l'apprentissage, mais plutôt du réconfort, ce qui change ensuite parce qu'elle se sert d'elle.
Lesbionic, ravie que tu me rejoignes assez, je me sens moins seule. Mais ton "mère-Catherine" m'intrigue, à quoi fais-tu allusion exactement?
Par contre, j'en reviens à ce que je disais dans mon autre post, je trouve vraiment très bizarre cette absence du père de Jackie, surtout pendant le repas de famille et même tout le temps. Il n'y que des reproches uniquement fait à la mère de la part de Jackie et on ne voit que la mère. A croire que l'image et le rôle du père a totalement était rejeté dans le film. Etrange.
C'est difficile de nuancer, comme tu dis, à propos du côté gamin de Jackie, dans le sens où c'est forcé et caricaturé.
Ensuite, on peut toujours trouver des raisons pour lesquelles Jackie est restée cette éternelle ado vraiment gamine, les trouver tout à fait compréhensible, mais au final, à travers le personnage en lui-même, je ne ressens rien de très constructif. Sur quels points Jackie évolue? il n'y a aucune remise en question, elle dit simplement que sa mère n'était pas là sur les plateaux, mais pourquoi? puis le moment où Jackie se sert de Catherine comme taxidriver pour l'emmener à sa soirée empruntée organisée par les producteurs et qu'ensuite en rentrant, elle ne fait que parler de son petit rôle en taquinant Catherine sur une éventuelle amourette dans le film, sans se soucier une seule seconde de ce que Catherine a pu ressentir pendant toute la soirée à rester en plan en l'observant au loin, là je trouve qu'elle est très immature, centrée sur elle-même et qu'on aimerait lui ouvrir les yeux pour espérer qu'elle réalise comment elle agit et lui faire comprendre ce qui s'est passé avec sa mère, qu'elle est en train de reproduire avec Catherine.
A la fin, elle part rejoindre un milieu faux dans lequel elle sera fausse pour jouer un rôle qui sonne très faux, chose qu'elle avait déjà vécu 10 ans auparavant. On n'avance pas je trouve.
Se faire passer pour une bébête, de quels moments tu parles? peut-être avec les autres étudiants et encore, disons qu'elle est maligne et sait comment s'y prendre pour obtenir ce qu'elle veut.
Au début Catherine est plutôt "rassurée" en s'apercevant que Jackie a besoin d'elle, pas à travers de l'apprentissage, mais plutôt du réconfort, ce qui change ensuite parce qu'elle se sert d'elle.
Lesbionic, ravie que tu me rejoignes assez, je me sens moins seule. Mais ton "mère-Catherine" m'intrigue, à quoi fais-tu allusion exactement?
Par contre, j'en reviens à ce que je disais dans mon autre post, je trouve vraiment très bizarre cette absence du père de Jackie, surtout pendant le repas de famille et même tout le temps. Il n'y que des reproches uniquement fait à la mère de la part de Jackie et on ne voit que la mère. A croire que l'image et le rôle du père a totalement était rejeté dans le film. Etrange.
-
Lynxette
Re: [Film] Bloomington
Ce que j'en pense c'est qu'à l'age de jackie, t'as pas forcement envie de te poser 1milliards de questions. (je parle en règle général chez les ados). Elle est contente que quelqu'un de plus âgé lui prête de l'attention. Elle teste sont pouvoir de séduction, elle profite; 3petits tours et puis s'en va. Je dirais même plus, elle expérimente, elle est surement (comme tout le monde) en quête de quelque chose si ce n'est d'elle même
:membres:
En clair, c'est une petite conne, comme la,plupart des filles de son age.

En clair, c'est une petite conne, comme la,plupart des filles de son age.
-
Clementina
Re: [Film] Bloomington
Lynxette, tu confirmes bien ce que je pense: rien de constructif avec Jackie. On n'avance pas.
Mais aussi, mission réussir pour Jackie, elle semble bien loin de se poser 1milliards de questions.
Au final, elle prend ce qu'elle veut le temps qu'elle le veut, rejette sa mère sans aucune discussion constructive, se sert de Catherine à l'occas, pour s'enfermer dans un milieu superficiel à travers lequel elle sera rejetée peut-être un jour.
J'ai du mal à trouver de l'intérêt, à part ne pas évoluer et ne pas voir ce qui se passe vraiment autour de soi.
Mais aussi, mission réussir pour Jackie, elle semble bien loin de se poser 1milliards de questions.
Au final, elle prend ce qu'elle veut le temps qu'elle le veut, rejette sa mère sans aucune discussion constructive, se sert de Catherine à l'occas, pour s'enfermer dans un milieu superficiel à travers lequel elle sera rejetée peut-être un jour.
J'ai du mal à trouver de l'intérêt, à part ne pas évoluer et ne pas voir ce qui se passe vraiment autour de soi.
-
Clementina
Re: [Film] Bloomington
Je n'avais pas vu ta dernière phrase. Une petite conne comme les filles de son âge. Euuuh, oui pourquoi pas, heureusement que je n'ai pas son âge et que je ne me sens pas concernée.
Je pense surtout qu'elle a un comportement égoïste.
Je pense surtout qu'elle a un comportement égoïste.