Créations personnelles

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Fleming

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A droite à gauche je ne vois que des arbres, j´entends des sifflements d´oiseaux et des craquements de branches, et l´ombre des feuillages comme des ombres chinoises accapare mon regard, accapare ma pensée. Et soudain je me dis que tu aurais aimé être là. Et soudain je me demande si tu n´es pas là. Au fond, c´est peut-être toi qui tires les ficelles des marionnettes de bois, qui m´attires, et m´invites à me joindre à ce bal végétal dont tu me parlais avec amour et que je ne comprenais pas. Je lève les yeux vers le sommet des arbres, là où les feuilles semblent vouloir chatouiller les nuages, puis retombent comme épuisée et se redressent, inlassablement. Cette mélodie aérienne qui me berce, qui m´entoure et dépoussière ma pensée, semble soudain murmurer que les morts peut-être se recueillent là où ils aimaient être quand ils vivaient encore.

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devillady
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Message par devillady »

Fleming a écrit :A droite à gauche je ne vois que des arbres, j´entends des sifflements d´oiseaux et des craquements de branches, et l´ombre des feuillages comme des ombres chinoises accapare mon regard, accapare ma pensée. Et soudain je me dis que tu aurais aimé être là. Et soudain je me demande si tu n´es pas là. Au fond, c´est peut-être toi qui tires les ficelles des marionnettes de bois, qui m´attires, et m´invites à me joindre à ce bal végétal dont tu me parlais avec amour et que je ne comprenais pas. Je lève les yeux vers le sommet des arbres, là où les feuilles semblent vouloir chatouiller les nuages, puis retombent comme épuisée et se redressent, inlassablement. Cette mélodie aérienne qui me berce, qui m´entoure et dépoussière ma pensée, semble soudain murmurer que les morts peut-être se recueillent là où ils aimaient être quand ils vivaient encore.
c'est très joli Fleming ....

Fleming

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Message par Fleming »

merci devillady :)

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Iwish
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Re: Créations personnelles

Message par Iwish »

C'est joli, Fleming, ton texte. Triste, aussi mais je crois que tout ce qui est un peu triste est joli, au fond.

J'aime particulièrement ta dernière phrase, le "encore" qui résonne après coup. Belle trouvaille. J'aime aussi la répétition du "Et soudain" plus haut, ça donne une jolie impression un peu mélancolique dans la prise de conscience mais j'aime ça, moi, la mélancolie. Et puis, ça donne une intensité particulière à la dernière phrase.
Fleming a écrit :Et soudain je me dis que tu aurais aimé être là. Et soudain je me demande si tu n´es pas là.
"Et que ne durent que les moments doux..."

Fleming

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Message par Fleming »

Iwish a écrit : J'aime aussi la répétition du "Et soudain" plus haut, ça donne une jolie impression un peu mélancolique dans la prise de conscience
c´est tout à fait ca, comme la résonnance de ce encore, tu as raison ;)
merci de ton commentaire Iwish ;)

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Gargre
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Re: Créations personnelles

Message par Gargre »

« « Racontons-nous » c’est percevoir et dire comme nous percevons nos propres sentiments et ceux de l’autre. Drôle d’exercice de style… car ce qu’il y a de certain c’est qu’ils sont en perpétuel mouvement, s’il existe une « magie », à la base il y a cette sensation qui fait que l’on sait que c’est celle-ci qui comptera, les variations du ressenti, elles, sont infinies et en perpétuelle transformation.

Peut-être vais-je voler de tes sensations, mais dans ces pages je vais décrire les miennes, mettre mon regard sur des jours qui se sont succédés si vite, si naturellement, qu’ils avaient le parfum du bonheur, de la complicité, de la stabilité, de la « sérénité ».
J’avais oublié le doute et encore plus que c’est toi qui pourrait en être atteinte, au point de dévorer dans ta mémoire toutes les images bleues et arc en ciel des sentiments.

Il faut que je revienne sur ce long temps de la découverte, des confidences qui se lâchent, des histoires qui se racontent. Le mélange de rires, de larmes, de confusion, de fuites qui s’enchaînent, dérapent et reviennent.
L’ombre de la caresse et de la tendresse qui ouvre l’horizon des cœurs qui se dévoilent et s’entre-aperçoivent. Le parfum de l’amour, des sentiments qui se met à envahir chaque instant partagé et que l’on s’obstine à refuser de sentir.
Et puis cette évidence que l’autre est là depuis longtemps dans son cœur, sa tête, son temps, ses envies, sa peau et qu’il faut qu’il y reste de la force du désir qui s’avoue enfin, la peur aux tripes du non de l’autre, ou d’un partage mitigé.
Et puis cette impression de cohérence, de connivence, d’un écho réciproque qui ressemble à de l’harmonie, deux voix, deux rires, deux corps qui se chercheraient, se trouveraient et chanteraient l’harmonieux bonheur d’être ensemble.

Temps volés qui voleraient vers plus de temps encore, plus encore d’envie de ce partage, de ce sentiment de bien-être à être ensemble. Etapes successives où la joie est si tangible, si vivace du rien au tout faire, que parfois des gardes fous se lèvent comme parade à cet amour si évident, qu’on lui offre la chance de s’avouer moins tenace, de se croire moins indispensable. Mais il est là, nous emporte vers plus de besoin de présence l’une de l’autre, de corps qui s’étreignent, de rires et de mots qui se frôlent, sérieux et légèreté confondus dans la certitude de ne pas se tromper de partenaire de vie.

Elle, elle avait mis si longtemps, des années, à apprendre. Apprendre la patience sans espoir et sans convoitise. Regarder sombrer ses jours sans révolte, en s’accrochant à des instants minuscules, qui, même réunis, ne suffisaient pas à remplir une vie, mais aidaient au moins à masquer les silences trop lourds et les vertiges de la solitude.
Et voilà que soudain « ELLE» était là, et voilà que l’autre devait affronter des désirs, des pulsions, des envies, des rêves depuis si longtemps bridés.
Elle fut tout simplement en train de redécouvrir, ou plutôt, de découvrir des émotions fossiles profondément enfouies sous les sédiments du quotidien: cette vibration subtile de tout ce qui vit à l’intérieur, la luminosité subite d’un monde jusqu’alors pétri de grisaille, l’éblouissement d’un univers à naître éclairé par le regard aimant de l’autre… mais qu’il lui fut difficile d’oser donner son nom à ce nouvel état, de s’avouer vulnérable.

Envie de dire les sensations intimes. Comme celle-ci. Celle du réveil des premières nuits à celle d’hier, où quand on émerge à peine des abysses engourdis du sommeil, cette première émotion qui revient, cette légère chaleur et cette douceur confondues. L’envie de ne pas bouger, de se coller là au rêve et éterniser ce moment du souvenir jusque dans la moindre cellule de sa peau. S’abandonner aux images vagues et chaudes qui se forment derrière les paupières mi-closes.
On se colle encore, on suit la ligne du corps, on s’attarde avidement sur chaque détail : la longue courbure sereine du corps qui s’infléchit à la cambrure des reins, la rotondité des fesses, le doux velours de l’ombrage des poils, les mains et le désir qui fourmillent…

Oh combien mon cœur a besoin de te parler ainsi, de jeter l’ancre au milieu d’images concrètes, de se nourrir de la vision de ces multiples détails si souvent ignorés, et qui finissent par s’imposer, s’assembler dans le puzzle de la réalité.
C’est ton amour, mon amour, les deux avoués, dits, vécus, qui me redonneraient confiance dans un horizon de vie nouveau. C’était inespéré cette rencontre, encore plus la certitude d’avoir choisi. Je savais ma faiblesse de mon Ève, la quête d’affection qui me rendait vulnérable et d’autant défensive. Mais pour une fois, je croyais que quelque chose de synchrone se jouait.

Elle était venu à elle cette femme, et elle la couvait d’un regard plein d’espoir qui attendait de dire oui à cette vie qu’elle lui offrirait de partager, et elle qui répondrait, relancerait la demande avec avidité. Elle a vécu un enthousiasme qu’elles nourrissaient à deux. Et elle, elle s’animait, se levait, arpentait, riait, revenait toucher, palper cette réalité si nouvelle, si durable… Parler, rire, pleurer, aimer,…, et voir ce regard de femme attentif, indulgent, drôle, tendre, impatient, amoureux… avec toujours cette pointe d’humour et d’ironie affectueuse dans les yeux.

Ce sentiment elle l’a vécu au quotidien de ces quelques mois éclairs, éclairs de vie, d’ombres et d’éclaircies, mais toujours avec elle, jamais sans elle… »
"une pensée inclinée vers le monde laisse des traces, écrire est un paysage sonore, l’œil la bouche l’épaule la main lient les mots et les choses, je suis absorbée par les intentions de lumière par la vie "

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Gargre
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Message par Gargre »

je bafouille: :oops:
« ... les âmes sont ventripotentes, le vide les gonflent. C’est pas que je ne bouge pas, où que je fuis, mais je me dédouble, y’a moi qui assume, et moi qui assume pas. Y’a moi qui ris, et l’autre dedans qu’y’a p’t’être mal, y’a des fissures au soleil. J’aurai p’t’être pu te trouver... c’est voulu quelque part, l’envie sans le courage, pas très fière de soi, trouille de faire trop creux. Y’a des dérives, des ratages qui s’allongent, qui prennent trop de place, le cerveau prend des allures d’éponge, et c’est comme quand on marche dans les flaques, y’a des flocs partout.
Certains sabordages reprennent leurs aises, c’est comme une sorte de rage qui a sa poussée de boutons. Même le corps prend sa pitance, un truc qui repousse comme une peau, le physique qui dit non, qui se crispe, qui se crie. C’est comme une grande envie de vomir qui remonte du fond des tripes, vomir quelle rage, quel dégoût. Mes mots, ma peur me crèvent parce que j’ose plus les dire, le disque est rayé, sa musique cacophone les oreilles, faudrait de l’harmonie sur les fausses notes surtout en compagnie. Les rires c’est comme des fusées, c’est du ciel que t’attrapes pas, ou çà fait un drôle de bruit, çà gargouille et çà pleut.
Cà pèle de froid, rien réchauffe plus, y’a des brûlures de soleil qui sont comme des gerçures, çà gratte, mais les doigts sont comme du bois mort. Pourquoi çà fait mal, même quand tu ris avec les autres ta peau elle fait des cloques et il te semble que tout le monde les voit.
Pourquoi j’sais pas marcher comme les autres, j’ai tout du canard boiteux, quel fil à la patte, çà tourne en rond, l’aimant de la boussole se paye une ballade au pays des j’comprends pas. Cà devient une gêne, une honte, une mer des Sargasses pareille c’est plus de la vase, c’est de la boue qui pue.
Et y’a le destin qui te joue une de ces farces gratinées, juste quand tes plombs sautent, il t’envoie de la surcharge... mon oubli désiré revient hanter mon idée. ... et c’est comme un chemin que je referais à l’envers. C’est comme un méchant tour que m’aurait fait le hasard pour ne pas que j’oublie, et le pire c’est que je me reprends à aimer çà. Du coup les souvenirs ont pris un coup d’alizé, et c’est un peu Dien Bien Phu, la défaite, submergée, noyée. Et moi çà me fait toc toc dans la tête pour sortir, comme des vagues arrêtées par une digue, trop à vouloir, trop à dire pour une seule vague. Combler l’ignorance, ou dieu sait quelle absence, ne plus toucher aux parois du cœur, encore moins aux sentiments Cà serait l’effet shaker, cocktail sans alcool dynamite, et ce boum boum qui résonne encore, si seulement le fantôme reprenait chair et voix, comme un choc.
M’affranchir de cette mélasse du tendre qui s’obstine, les doigts qui collent, et le nez qui coule, les araignées du plafond dansent encore une drôle de ronde, çà vertige et çà tremble,... »
"une pensée inclinée vers le monde laisse des traces, écrire est un paysage sonore, l’œil la bouche l’épaule la main lient les mots et les choses, je suis absorbée par les intentions de lumière par la vie "

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Gargre
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Message par Gargre »

Encore une pour "Elle" et pour Mme Duras que je copie un peu:
Rencontre
« Elles se surprennent tout à coup à se regarder l’une l’autre. Et se voir tout à coup.
Elles se voient jusqu’à la suspension du mot sur la page, jusqu’à ce coup dans les yeux qui fuient et se ferment.
Etre suspendues à l’écoute et, au souffle près, en être immobilisées, simplement l’émotion devant le dévoilement de la parole.
Elle pense qu’elle voudrait croire ne pas la voir. Que du moment que rien ne se passe entre elles, la mémoire reste infernale de ce qui n’arrive pas.
Elle voudrait lui dire que rien n’arrive que le mensonge.
Elle aimerait bien savoir comment dire cette envie de retenir contre soi ce temps.
Elle parlerait de ce temps entre les choses, entre les êtres, celui qu’elles jettent, ignorantes. Elle dirait que ne pas parler de ce temps là, c’est déjà chercher à le gagner.
Et elle l’aime de ce moment où elle ne la connaît pas, où elle n’a pas de place. Même pas dans sa mémoire.
C’était comme sans doute s’attendre depuis toujours, être ces fausses amantes qui ne s’aiment pas. Comme si avant de se voir elles se connaissaient déjà.
Comme un amour qui a un commencement et une fin inoubliables, alors qu’on l’a déjà oublié.
Elles diraient qu’elles arriveront à vivre le corps laissé dans un désert avec dans l’esprit, le souvenir d’un seul baiser, d’une seule parole, d’un seul regard pour tout un amour.
La beauté serait peut-être surprenante, et elle aurait un sens si elle les déchirait.
Elles se regardent longuement, et par le regard elles se prennent, se gardent en elles enfermées, jusqu’à la douleur.
Et chacune baisse les yeux, elles ne se regardent pas. Elles sont dans cette peur que leurs yeux se regardent, se voient.
Puis leurs regards se posent. Leurs yeux se voient. Sous le coup de ce regard, leurs yeux se brûlent. Ils fuient et se ferment. Et dans le cœur le bruit s’apaise, il va jusqu’au silence, presque un baiser.
A cause de cet amour qui a tout pris, qui n’a rien pris. Le désir dans sa défaite, fou, elles en tremblent.
Le baiser a eu lieu. Il occupe le désir tout entier, il est à lui seul son désert et son immensité.
Un baiser comme si l’idée leur était venue d’aimer, comme un secret entier, un bonheur qu’il faut sacrifier, de crainte qu’il ait un devenir.
Une dernière phrase pourrait encore être dite, avant le silence, qui pourrait être de l’une pour l’autre.
Elle aurait dit l’émotion que l’on éprouve parfois à reconnaître ce que l’on ne connaît pas, à cause de la disproportion des mots à dire cet empêchement, de leur maigreur devant l’énormité de la joie. »
"une pensée inclinée vers le monde laisse des traces, écrire est un paysage sonore, l’œil la bouche l’épaule la main lient les mots et les choses, je suis absorbée par les intentions de lumière par la vie "

VergeMarieJunior

Re: Créations personnelles

Message par VergeMarieJunior »

Fleming a écrit :A droite à gauche je ne vois que des arbres, j´entends des sifflements d´oiseaux et des craquements de branches, et l´ombre des feuillages comme des ombres chinoises accapare mon regard, accapare ma pensée. Et soudain je me dis que tu aurais aimé être là. Et soudain je me demande si tu n´es pas là. Au fond, c´est peut-être toi qui tires les ficelles des marionnettes de bois, qui m´attires, et m´invites à me joindre à ce bal végétal dont tu me parlais avec amour et que je ne comprenais pas. Je lève les yeux vers le sommet des arbres, là où les feuilles semblent vouloir chatouiller les nuages, puis retombent comme épuisée et se redressent, inlassablement. Cette mélodie aérienne qui me berce, qui m´entoure et dépoussière ma pensée, semble soudain murmurer que les morts peut-être se recueillent là où ils aimaient être quand ils vivaient encore.
Ton texte me ramène à ce morceau http://www.youtube.com/watch?v=vfR4i4pY4Z0 qui me fait planer et qui aussi laisse résonner une quête, une observation, une prise de conscience, une pause en solitaire, pour ensuite revenir à la réalité du bruit de la foule, du monde, de la civilisation, quand la fin du morceau est là.

Fleming

Re: Créations personnelles

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VergeMarieJunior a écrit :
Ton texte me ramène à ce morceau http://www.youtube.com/watch?v=vfR4i4pY4Z0
ah oui, j´imagine le parallélisme
(...) pour ensuite revenir à la réalité du bruit de la foule, du monde, de la civilisation, quand la fin du morceau est là.
j´aime bien l´ouverture que tu fais, ce retour à la réalité, réalité à laquelle on revient, un peu changé-e.

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