En ricochet à
Below her mouth, je reviens à ce film.
Zwei Mütter est une sorte de film référence auquel je reviens quasiment toujours pour lui comparer d'autres films.
Parce que j'ai toujours bcp aimé que les protagonistes y gardent leur dimension humaine avec leur brillance, leurs gris et leurs zones d'ombre. Des personnages en mi-teintes de la vie de tous les jours, filmés jusque dans leur intimité.
Rien de surfait à mes yeux. Une façon d'aborder une réalité sans fard. La réalisatrice passe largement outre l'esthétique et explore la dimension humaine, affective, émotionnelle de ses personnages. L'image n'est pas léchée. Elle est plutôt brute, quotidienne.
Je lis d'ailleurs qu'Anne-Zohar BERRACHED a obtenu un diplôme en éducation sociale avant de se diriger vers la réalisation.
Ce point ressort de façon prégnante, je trouve, dans sa façon de tourner (j'irai voir, pour cela, son dernier film "
24 weeks").
Une photo de cette réalisatrice pour la fixer visuellement.
Elle ose une inclusion, là encore, sans fard, dans son scénario, de la sexualité qu'entretiennent les deux personnages.
J'apprécie quand ce pan de l'histoire des personnages n'est pas coupée, occultée, censurée, réduite à un furtif baiser mais mise devant la caméra de façon intelligente et respectueuse.
Ça peut porter à soutenir le fait que la sexualité entre deux femmes est une sexualité comme une autre, à part entière et dégager une certaine liberté de ton.
Below her mouth n'a pas cette dimension sociale. Ce qui va dans le sens de ce que j'ai lu concernant la pauvreté du scénario.
Les plans sur les personnages sont léchés, les lumières travaillées. Je me rends compte que je peux être touchée par cette esthétique comme je peux être touchée par une absence de recherche d'esthétique et donc quelque chose de plus réaliste.
Parce que j'aime ce parti pris des lumières tamisées des intérieurs que vient trancher la luminosité des plans des extérieurs.
Je ne pense pas que ce film ait vocation, en écoutant parler la réalisatrice, à raconter une histoire.
Il tend à capter la tension érotique entre deux personnages.
Et je trouve que de ce point de vue, il est très réussi et même très osé, comparé à ce que j'ai vu jusqu'ici.
J'avais été étonnée de découvrir April Mullen, la réalisatrice.
Elle ressemble bcp, dans sa façon de s'habiller, au personnage de Jasmine.
La scénariste, Stéphanie FABRIZI, quant à elle, a un look qui s'apparente à celui de Dallas.
Et m'est venu en tête,
Room in Rome, qui porte également à l'écran la sexualité des personnages.
Etonnamment, en comparaison, il m'a semblé dénaturer la liberté des deux personnages, et par là même celle des deux actrices, à cause du regard, que je trouve surfait et enfermant, du réalisateur.