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L'HOMOSEXUALITÉ FÉMININE EN INDE

 

Fire

C’est sans doute par le film indien Fire, produit en 1996 et sorti sur les écrans en 1998, que la majorité des lesbiennes du monde occidental a découvert le statut de l’homosexualité féminine en Inde. La réalisatrice, née en Inde mais formée au Canada et vivant à Toronto, avait entamé avec ce film une trilogie consacrée à la situation déplorable et en même temps très contrastée faite aux femmes dans le sous-continent indien. L’accueil réservé à Fire en Inde avait été très critique. De nombreuses salles avaient en effet été attaquées lors de sa projection. Le film fut interdit à Singapour et au Kenya. Il est cependant ressorti en 1999 sans être censuré, et on considère qu'il a rendu visibles les lesbiennes en Inde. Ce qui est intéressant, c’est que les opposants lui ont entre autres reproché son approche de l'érotisme entre femmes, contraire à la religion hindoue, et considéré comme provenant d'une culture étrangère.

Alors, l’homosexualité est-elle un produit d’importation coloniale ? Est-ce un vice venu d’ailleurs ?

Le sous-continent indien, devenu indépendant en 1947 au prix d’une douloureuse partition entre Hindous et musulmans, est pour l’essentielle une ancienne colonie britannique, même si la France ou d’autres pays européens (tel que le Portugal par exemple) pouvaient y avoir des comptoirs. Les Britanniques en firent le joyau de la Couronne et un Empire au cours du XIXe siècle. La Reine Victoria fut ainsi la première Reine d’Angleterre couronnée impératrice des Indes. Y vivaient une multitude d’habitants parlant divers dialectes, pratiquant des religions différentes et appartenant à des États au statut administratif variable. En 1860, la Couronne britannique criminalise l’homosexualité masculine et féminine en inscrivant dans le code pénal indien l’article 377 punissant de prison (avec des peines allant de 10 ans de prison à l’emprisonnement à vie) les « relations charnelles contre l’ordre de la nature ». Selon les spécialistes de l’Inde, cet article marque une rupture dans l’histoire indienne. Il crée un crime et officialise la « chasse » aux sexualités dites « déviantes ». Est-ce à dire que les Britanniques importent l’homosexualité ? Qu’ils inventent un type de relations qui n’existait pas avant en Inde ? La réponse est non.

Dans la culture indienne dominante, c’est-à-dire dans la religion hindoue qui fixe les normes morales, l’homosexualité était bien présente aussi bien dans les sources médicales, religieuses ou les codes judiciaires. Le Kâma-Sûtra, ce recueil d’aphorismes sur le désir sexuel écrit entre le IVet le VIIe siècle, envisage l’homosexualité féminine comme une possibilité du désir et du plaisir humains. Or, le plaisir est dans la religion hindoue un don de Dieu. L’homosexualité est donc une des variantes de la sexualité humaine, plurielle. Sans être valorisée, elle est prise en compte comme un « possible » et ne suscite pas de persécutions. Le recueil indique même des positions dans lesquelles des femmes peuvent se donner du plaisir. Ces femmes sont appelées des svairini, soit des femmes libérées. Elles ne représentent pas le commun des femmes hindoues.

Homosexualite feminine en Inde

Homosexualite feminine en Inde

 

Cependant, si cette sexualité n’est pas considérée comme anormale, elle est toutefois « à réguler », en particulier dans les plus hautes castes (ou varna) qui sont des sortes de classes sociales héréditaires. L’homosexualité féminine est ainsi plus sévèrement punie chez les brahmanes : par exemple, selon les Lois de Manu (ou manusmriti) rédigées entre -200 et 200 et traduites en anglais en 1794, si une femme mariée déflorait une jeune fille vierge en ayant des relations sexuelles avec elle, elle était condamnée à avoir deux doigts coupés et à être promenée publiquement sur le dos d’un âne à travers la ville. Deux adolescentes vierges « ne risquaient » que dix coups de bâton et une amende. Enfin, deux femmes mariées n’encouraient pas de châtiment, sauf si l’une des deux n’était pas consentante. Les Lois de Manu protègent donc d’abord la virginité des femmes des hautes castes plus qu’elles ne punissent l’homosexualité féminine en général. Selon les récits qui nous sont parvenus de l’Inde pré-coloniale, des sociétés de femmes auraient existé : Marco Polo évoque ainsi une île peuplée uniquement de femmes située entre l’Inde et l’Afrique orientale. Dans le folklore rural du pays Tamoul, au sud de l’Inde, les sociétés uniquement féminines sont également nombreuses. On raconte ainsi l’histoire du royaume d’Alli, une héroïne à la tête d’un État où ne vivent que des Amazones : des femmes fortes, capables de se battre et qui ne s’intéressent pas aux hommes. Des textes en sanskrit relatent l’histoire d’une province matriarcale, le royaume de Strirajya, dans laquelle, selon le Kâma-Sûtra, les godemichets sont utilisés.

 

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