par Darkside_003 » Jeu 10 Juin 2010 17:49
J'ai eu l'occasion de voir " The secret diaries of Miss Anne Lister » en version originale anglaise non sous-titrée, donc, je ne peux pas dire que j'ai pu cerner toutes les subtilités dans les dialogues.
Personnellement, je trouve qu'il s'agit d'un très beau téléfilm avec des actrices bien dans leurs rôles respectifs. La personnalité d'Anne Lister est rendue piquante par certaines répliques, touchante et émouvante par d'autres.
!!! ATTENTION SPOILERS POSSIBLES !!!!
Le film s’attarde sur la période de « transition » entre le moment où Marianne se marie, et le moment où Anne Lister « choisit » Anne Walker. On a environs + d’une heure qui tourne autours de la relation entre Marianne et Anne Lister et à peine 25 minutes maximum sur Anne Walker et Anne Lister. Je pense que si, un autre film, il y a, il faudrait détailler plus encore les débuts de la relation entre Anne Walker et Anne Lister. L’actrice qui interprète Anne Walker, je la trouve touchante et bouleversante, au point que je suis déçue qu’on ne la voit que peu et quasiment que dans les dernières 20 minutes finales.
Le film aborde la question (enfin, ce n’est que mon interprétation) du choix entre un amour fou (ou passionnel) avec Marianne et un amour qui va progressivement se construire, plus raisonné avec Anne Walker.
Selon moi, le parallèle est possible à faire avec le choix final de Nancy de choisir Florence (amour construit progressivement), plutôt que Kitty (amour passionnel) dans « Tipping the Velvet ».
Je fais le parallèle avec « Tipping the Velvet », car, au final, je sors des deux films avec le même ressenti : je ne « peux encadrer » Marianne/Kitty et, au contraire, Anne Walker/Florence sont touchantes dans leur psychologie, avec une certaine fragilité et sincérité. Anne Walker va affronter sa famille pour rester avec Anne Lister (cf. « TTV » avec Florence, une lesbienne qui s’assume), au contraire Marianne choisit la voie du mariage et de l’amour « caché ».
Ce qui est intéressant dans l’histoire de « TSDOMAL », c’est que la demeure de Shibden Hall (demeure de l’oncle et tante d’Anne Lister, avec lesquels, cette dernière vit) est en quelque sorte, le lieu d’expression et de liberté pour une femme qui aime les femmes ; l’oncle et la tante sont au courant qu’Anne aime les femmes et qu’elle cherche une « compagne femme » (traduction du terme anglais du film), ils semblent tolérer sans problème la situation.
L’époque est très bien reconstituée. On a la présence dans les dialogues de nombreuses attaques verbales, brimades, plus ou moins subtiles et blessantes, qu’a pu connaitre Anne Lister à son époque du fait qu’elle affichait son amour pour les femmes. Il y a un très bon rendu de cela et, certains dialogues de confrontation entre Anne et ses détracteurs deviennent des moments qui font sourire le spectateur grâce à la malice et au répondant d’Anne Lister. On prend vraiment plaisir à écouter certains dialogues.
Il y a un jeu du langage, d’expressions corporelles, et une capacité à répondre, un peu déconcertante, d’Anne Lister vis-à -vis des critiques dont elle est victime. Elle a des convictions, elle les conserve, ne les met pas de côté. Elle est une femme qui aime les femmes, elle veut se marier à celle qu’elle aime (échange d’anneaux).
Un film très touchant, trop court, qui mériterait soit d’être allongé soit d’avoir une suite (plus centrée sur la relation d’Anne Lister avec Anne Walker).
Pour moi, ce film est à la hauteur d’un « Fingersmith » ou d’un « Tipping the Velvet » même si 1h30 de plus auraient été nécessaire pour rendre le film encore plus intimiste vis-à -vis du vécu d’Anne Lister. Très bon film !