Marguerite Coppin

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Clieuterpe
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Marguerite Coppin

Message par Clieuterpe »

La parution au mois de septembre 2011 du roman Ressort cassé est pour moi l'occasion de découvrir une femme qui m'était totalement inconnue et qui me reste, après quelques recherches rapides, encore bien mystérieuse : Marguerite Coppin.

Son roman a donc été réédité tout récemment aux Editions GayKitschCamp et il s'agit apparemment de la première réédition depuis l'originale.
Voici le résumé qu'en donne Mirande Lucien, qui a établi le nouvel ouvrage, et qui montre Marguerite Coppin comme une femme adepte des "amours saphiques" et de subversion des genres...
Marguerite Coppin, née à Bruxelles en 1867, est morte, probablement, en Angleterre, en 1931. Elles est l’auteure, entre autres, de Ressort cassé, 1889, Le troisième sexe, 1890, Hors sexe, 1890. Jusqu’ici, le nom de Marguerite Coppin figurait uniquement dans quelques anthologies de poétesses féminines, associé à des poèmes mièvres, célébrant l’effacement naturel des femmes. On savait aussi que la dame avait été suspectée d’atteinte aux "bonnes moeurs" pour Le troisième sexe, roman publié sans nom d’auteur, par un éditeur sulfureux. Pour les lecteurs de poèmes, la chose était pour le moins inattendue. Le procureur suspecte Marguerite Coppin, dans Le troisième sexe, de faire l’éloge des amours saphiques, mais pire encore, de décrire un monde où la ligne qui marque la différence undubitable entre les sexes s’inscrit en pointillés. Le roman mérite donc de retenir l’attention de ceux qui s’intéressent aux indécisions du genre. J’ai choisi de republier le roman qui vient un an avant l’ouvrage incriminé et qui en donne la clef. Ressort cassé est un livre en deux parties : là, une jeune fille séduit son institutrice ; ici, à peine plus âgée, elle analyse la situation des femmes avec une rare lucidité et un cynisme qu’on peut qualifier de politique. Si l’instruction est un handicap pour une femme sans fortune, son corps est son unique capital. Seule consolation : être toujours, à la fois, l’enjeu et la joueuse. Ressort cassé est, à n’en pas douter, un roman féministe et Marguerite Coppin une femme à deux visages. Reste aux cherceurs/euses à les révéler et à les articuler.
Mais en cherchant un peu, j'ai découvert l'éloge d'une Marguerite Coppin soumise à son époux et fière de l'être !
Elle intitula un de ses livres : Poèmes de la femme, et c’est bien, en effet, l’expression de vrais sentiments féminins que l’on trouve dans ces poèmes. Par ces temps de féminisme aigu, Marguerite Coppin a eu la lâche audace d’être satisfaite du rôle que l’homme force la femme à jouer dans la société (style féministe !). Être la compagne, la consolatrice, l’inspiratrice et l’appui de l’homme aimé, – elle n’aspire pas pour son sexe à une plus belle tâche.
Page d'oriigine visible ici

Donc je l'avoue, tout cela m'intrigue !
Je n'ai pas encore le livre, mais je tâcherai de le lire dès que possible pour essayer d'éclaircir un peu mon esprit...

Et pour les Parisiennes, la librairie Violette and Co organise le 14 octobre à 19h une rencontre avec Mirande Lucien, qui a donc permis cette nouvelle publication, ce sera peut-être l'occasion d'avoir de plus amples informations.

Certaines ont-elles avis d'en savoir plus ? Et de comprendre qui se cache derrière cette mystérieuse dame ?... ;)
" Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté ! "
Femmes Damnées II, C. Baudelaire (Les Fleurs du Mal)

arthémis

Re: Marguerite Coppin

Message par arthémis »

ah oui, le sujet semble...intéressant.

VertGallois
Messages : 2
Enregistré le : lun. 7 nov. 2011 19:14

Re: Marguerite Coppin

Message par VertGallois »

Moi aussi Marguerite Coppin m'intrigue. Mais je pense que la préface de GayKitschCamp est bien plus fiable que les commentaires d'Alphonse Séché (l'anthologiste des Muses françaises) où l'on fait l'éloge d'une femme soumise. Je ne sais pas si tu as lu tous les commentaires de ce brave Alphonse, mais ils font plus que dater. Ils sont d'une condescendance qui nous rappelle que les femmes écrivains (prose ou poésie) reviennent de bien loin. Il faut se blinder pour lire ça sans trépigner de rage mais je suis blindée.
Il y a un article sur le livre de Coppin dans le tout dernier Lesbia Mag.

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