C'est une expérience sensorielle au combien agréable. Chercher à comprendre forcément, c'est refuser le trip.
C'est exactement ce que je sous-entendais par "Pour moi ce film est clair comme de l'eau de roche.."!
On se laisse porter et ce qui s'en dégage devient une évidence si on accepte justement de se laisser "guider"... De faire confiance.. (A un "fou"? Faut croire.. LOL )
«La vie serait plus douce si on se levait plus tard parce que les soirées seraient plus longues.»
Citation:
parce qu'il a l'air d'avoir de l'âge quand même ce film
Il date de 2001. C'est pas si vieux!!!
Pour moi c'est vieux
C'est une expérience sensorielle au combien agréable. Chercher à comprendre forcément, c'est refuser le trip.
Quand je dis comprendre c'est pour savoir ce qu'ils disent xD
Bien sûr que je vais le regarder en VO mais en sous-titré français parce que là je ne comprend même pas quand ils se disent "bonjour" ...
"Un problème sans solution est un problème mal posé."Albert Einstein
Mirabelle a écrit :Lost Highway par exemple a des similarités réelles avec M D, mais par son intrigue, ses références voir par le choix de suivre des personnages masculins,il y avait quelque chose de plus pornographique.
Tout à fait ; je trouve qu'il y a pas mal de clins d'oeil entre tous ses films ; le côté musique rampante, lumières dans la nuit et tout et tout rapproche indéniablement Mulholland Drive et Lost Highway, mais aussi Blue Velvet, où il avait pas mal joué avec ceci.
Tu parlais des films préférés de Lynch pour le public, je pense que Elephant Man est bien placé aussi ; j'ai rarement vu un film qui m'ait autant bouleversée que celui-là...
Elephant Man est un très grand film c'est indéniable, il est aussi plus accessible par l'intrigue. Ceux qui ont vu INLAND EMPIRE savent que c'est un film monstre (tel un John Merrick mais dans la forme) ou il reprend absolument tous les films qu'il a pu faire en un seul en découvrant le numérique. Cela nous vaut une image moins léchée, mais une profondeur de champs et de thème appelant les visions multiples.
Cependant Mulholland Drive restera ne serait ce que pour son esthétique. On est en fin de décennie et quel est le film qui revient le plus en n°1 dans les classements des meilleurs film de la décade ? Très souvent le même.
Ah "Mulholland Drive", my favorite movie. Sérieusement je dirais que c'est mon film préféré, toutes catégories confondues, avec pas si loin "Dans la peau de John Malkovic."
J'ai souvent lu "je n'ai pas compris ce film" et ça m'a toujours paru étrange comme réflexion, comme quand j'ai pu lire "j'ai compris ce film".
La première fois que je l'ai vu, dès la première image avec les danseurs, jusqu'au générique de fin, je me suis sentie comme aspirée par le film, comme observatrice bien sûr, en ressentant différentes émotions: entre la fascination, l'amusement, le désir, l'attente, l'espoir, le fantasme, l'isolement, l'obsession et tellement plein de sentiments qui se sont mêlés et entremêlés tout le long. Pour moi ce film est une panoplie d'émotions, comme se retrouver dans différentes zones d'un cerveau. Je me suis sentie submergée. A la fin j'étais vraiment bouleversée, comme vivant un sort parallèle pouvant être proche au mien, dans un univers familier, à la fois à travers la conscience et l'inconscience.
Puis, je l'ai regardé plusieurs fois, toujours aussi fascinée avec la sensation d'avoir de nouvelles émotions, d'être face à de nouvelles évidences.
Par la suite, j'ai fait quelques recherches, je me suis rendue compte qu'il y avait plusieurs théories sur ce film. J'ai commencé à en lire, puis ça m'a gavé, puis j'ai reregardé le film en essayant de suivre certaines théories freudiennes que j'avais lu "telle image à telle signification etc" pour résumer en gros et je me suis simplement sentie éjecté du film, à ne plus pouvoir le ressentir, tout en étant lassé, ça n'avait plus de véritable intérêt à mes yeux. J'avais simplement la sensation de vouloir lutter à analyser derrière l'écran chaque élément, plus que de me laisser entrer dans l'écran vivant chaque séquence.
Au final, je l'ai revu et encore revu, mais seulement en me laissant aller, passive derrière mon écran, tout en me sentant invitée à l'intérieur l'écran et pareil toujours cette fascination en moi que je ne pourrai pas vraiment bien expliquer et qui m'apaise l'air de rien. J'ai la sensation que ce film aspire toutes mes zones noires et me permet d'évacuer tout ce qui s'y stocke.
"Mulholland Drive" a donc beaucoup d'importance pour moi.
Autre chose que je trouve étrange, c'est de le voir classé en film lesbien. Mais, bon ça c'est un autre sujet.
Redflower a écrit :
Mirabelle a écrit:Lost Highway par exemple a des similarités réelles avec M D, mais par son intrigue, ses références voir par le choix de suivre des personnages masculins,il y avait quelque chose de plus pornographique.
Tout à fait ; je trouve qu'il y a pas mal de clins d'oeil entre tous ses films ; le côté musique rampante, lumières dans la nuit et tout et tout rapproche indéniablement Mulholland Drive et Lost Highway, mais aussi Blue Velvet, où il avait pas mal joué avec ceci.
Bah c'est David Lynch, son ambiance, à lui. Inclassable, ce type. Si Blue Velvet m'a complètement écoeuré, Inland empire m'a fasciné ! Et que dire de Mullholand Drive, ce film, il est juste grandiose ! C'est plus du cinéma à ce stade-là, c'est comme dit plus haut, un trip collectif, vraiment. S'il ne devait rester qu'un film, ce serait celui-ci, pour ce qu'il essaye de raconter, pour ce qu'il ne dit pas, pour ce qu'on croit comprendre et pour ce qui n'est pas compris. Je suis une grande fane de David Lynch, son ambiance, j'en suis fasciné ! Son style ! Tout ! Qui, aujourd'hui, peut se permettre de ne pas mettre de musique dans son film ? Personne... maintenant, tout se joue sur les effets musicaux, effets speciaux, chez Lynch, rien de tout ça, il créé à lui seul son ambiance, son silence. C'est impressionnant. Je conseille Mullholand Drive à toutes celles qui ne l'ont pas vu !
Le classement dans film lesbien se vaut. Il s'agit avant tout d'une femme en aimant une autre, même si... et là, je ne peux commenter... non ? Ce serait dommage de dévoiler quelque chose ! Vraiment ! Ce film, il vous bouleverse, vous fait croire, vous oblige à réaliser, puis vous fait repartir ! Jamais aucun film n'a eut le talent de faire participer autant le spectateur qui doit, pour une fois, réfléchir à l'histoire, et la construire. Pour une fois qu'un réalisateur nous prend pas pour des cons ! Fane absolue de Lynch !
Comme beaucoup d'entre vous j'ai du regarder plusieurs fois ce film avant de lui trouver mon explication. Cela fait longtps que je l'ai vu et je n'en ai pas un souvenir hyper précis mais le sentiment qu'il me reste c'est que ce film à chaque visionnage m'a happée, une empathie très profonde et très dérangeante (faudrait que je le revoie pr pouvoir préciser cette émotion). Après c'est du Lynch, donc ambiance, style très particuliers.
J'ai des envies de Mulholland Drive très souvent et je ne m'en lasse jamais. Toujours aussi fascinant, apaisant, toujours plein d'émotions à chaque visionnage, avec même de nouvelles observations.
La première fois que je l'ai vu, j'ai beaucoup aimé ce sentiment d'être scotchée dès le début, la musique, cette respiration...
Dès le début, la différence d'atmosphère qui jongle entre un cadre de rêve, merveilleux et un côté plus sombre, m'a plu et aussi ressentir comme un truc qui plane en se disant qu'à un moment une merde va tomber, mais sans jamais savoir à quel moment et surtout comment.
Quand la blonde fait son apparition avec son air angélique, émerveillé, étant entourée par les deux vieux mielleux, qui ensuite ont l'air de psychopathes dans leur limousine, j'ai directement pensé que la blonde allait morfler. Ca paraissait tellement évident que c'était trop facile.
Puis apparition de la brune, accident, elle est effrayée et surtout amnésique.
PAF, rencontre entre la brune et la blonde et surtout, connexion. Elles partent dans leur petite enquête, bref blablabla et les autres scènes qui prennent place à côté de cet union donnent un rythme au final un peu hallucinatoire, mais tellement réel, entre rire, violence, complot, inquiétude, absurdité, enquête, suspens, etc etc plein de sensations différentes.
Il y a eu plusieurs moments où j'ai eu des espèces de froncement de sourcils en pensant à une sorte de face cachée, un truc pas clair. Un flagrant. C'est quand le regard de la blonde croise celui du réalisateur Adam, pendant le tournage. Ils se regardent avec insistance. J'y ressentais comme tout à coup une sorte de complicité, une confrontation, comme s'ils se connaissaient, cachant un truc, surtout que directement après elle file retrouver la brune, montrant alors un total désintérêt à tout ce qui se passait sur le plateau, alors que ça semblait être important à la base, même une chance. C'était curieux, ce regard, suivi de cette fuite.
Ensuite, autre moment curieux: après la panique de la découverte du corps en décomposition, quand la brune se retrouve toujours soutenue par la blonde, avec pour le coup une perruque blonde pour se planquer, pratiquement la même coupe que la blonde (trop de blondes on s'y perd) en passant ensuite au moment d'aller se coucher. Le changement de séquence et du coup d'attitude, c'est-à-dire, le côté panique, puis après le côté plus calme, plus serein, c'était étrange pour moi. Surtout de retrouver la brune toujours avec la perruque sur la tête après une douche, plus sereine, trop sereine même, en souhaitant bonne nuit à la blonde, qui, cette dernière, deux minutes avant semblait rêvasser dans son lit matant le plafond. Je me suis dit qu'après la découverte de ce corps et ce choc , la brune était en train de se souvenirs de choses et autres, pas forcément claires et qu'elle allait tenter de séduire la blonde, ensuite prendre sa place et la dégommer. Trop simple encore une fois.
Ce sentiment a été renforcé quand la brune a accepté l'invitation de la blonde pour pieuter ensemble, à travers la musique et ce côté sûr de la brune impudique. Puis finalement ça devient plus tendre, et BING, étincelles, elles ont envie l'une de l'autre et LA un autre moment étrange pour moi du côté de la blonde. Tout d'abord la question de la blonde "est-ce que tu l'as déjà fait?" chose qui m'a fait rire face à la réponse de la brune amnésique qui ne pouvait pas savoir et la blonde ensuite qui se retrouve à répondre, mais sans vraiment répondre, à la même question, qu'elle en a juste supra envie avec elle. Ensuite, les mots de la blonde en pleine action: "I'm in love with you, I'm in love with", j'ai trouvé ça étrange. Sentiment renforcé par un moment d'hésitation de la brune. C'était comme si la blonde se parlait à elle même d'un fort amour vécu auparavant, trop retenu et que là elle pouvait enfin exprimer, comme un sentiment en parallèle. Etrange. Puis l'action se poursuit... avance rapide... et là arrive ce moment comme étant aspiré, où la boîte tombe, avec le sentiment d'un rembobinage en revenant au début, au moment de cette respiration, comme si juste avant on subissait, comme si jusqu'à maintenant notre inconscient était en route, en action et que là tout à coup, c'était l'inverse, notre conscient devait se réveiller, gling gling gling, prendre la suite et s'y retrouver ET DU COUP, merde on en est où?...
Voilà en gros pour quelques points et mes ressentis.
Par la suite et jusqu'à là fin, d'être supra intriguée et en même temps supra fascinée, m'a plu, j'ai aimé... mon côté masochiste je crois. C'était se sentir éprouvée, un peu comme ce nouveau visage de la blonde moins angélique, plus fatiguée, plus hallucinée entre des souvenirs et un moment présent, un moment d'attente, un moment d'espoir perdu, de mort, surtout face à cette clef.
Puis on réalise que la brune est dégommée. La blonde se dégomme en pétant un câble... mes avances rapides sont extraordinaires et dégomment ce film.
Bref, il y a vraiment ce sentiment à la fin, qu'elles sont comme deux fantômes, ou même irréelles. Et à chaque fois sans savoir pourquoi exactement, je me retrouve supra bouleversée les yeux humides, jusqu'à ce "silencio" et générique de fin, comme si le film n'était pas fini et que ce truc qui planait tout le long, venait planer chez soi.
Bref encore une fois, voilà à peu près mon ressenti à l'écrit très survolé avec un mal de tronche grâce à un super breuvage du moment.
J'ai juste été scotchée, captivée, sans vouloir me répéter, en ayant aussi le plaisir de redécouvrir une Laura Elena Harring après "Sunset Beach" dans un rôle impressionnant qui lui allait à merveille. Un grand saut que j'ai fait avec cette actrice.
Pour conclure, je le ressens comme un film qui prend le contrôle, comme en se sentant pris en otage, un film qui met beaucoup dans cette position de subir et d'ailleurs je crois qu'au moment où on cherche à tout cerner, tout remettre en place, on se met en position de lutte et on est éjecté du film, parce que finalement tout est en ordre, tout est sous nos yeux... et aussi c'est un film pour moi qui fait comme un nettoyage, un tri dans le cerveau.
En conclusion de conclusion de chez conclusion, j'aime Mulholland Drive et cette route sinueuse et dangereuse où tout s'arrête, ou plutôt où une illusion prend naissance à travers un amour perdu.