Voici le synopsis de départ : Léa, Marie-Laurence, Amel et Julie ne se connaissent pas. Elles viennent de milieu totalement opposés, n'auraient jamais dû se rencontrer, et vont pourtant devenir inséparables. Pourquoi ? Parce que leur mari et leur frère, ont mystérieusement disparu, ensemble, sur un bateau. Si elles sont quatre, les disparus ne sont que trois. Car l'un d'entre eux menait une double vie...

Outre Claire Borotra que j'ai trouvé géniale en bigotte

Au début, elle est une femme d'affaire, qui gère son entreprise, qui a deux filles et un mari qui a joué le rôle de la mère au foyer dans cette histoire. Léa cache à ses proches qu'elle voit régulièrement une psychologue. A un moment, Léa se dispute avec sa psy qui refuse de la revoir mais Léa va lui "courir" (le terme est à prendre au 1er degré) après lors des séances de footing de la psy. En gros, Léa a besoin de parler d'elle même (en gros, on peut dire qu'elle se recherche avec cette volonté de vouloir parler à sa psy, en tirant ses propres conclusions
On comprend, au fur et à mesure de l'histoire que le personnage a souffert d'un manque affectif durant son enfant (elle est une fille illégitime, mais pour faire bonne figure, elle fut reconnue et élevée loin de ses proches). Du point de vue conjugal :elle le dit clairement qu'elle n'aimait pas les relations sexuelles avec son mari et qu'elle n'en n'avaient pas eu depuis longtemps. Bon, vous voyez où l'histoire nous mène. En gros, le personnage se recherche. Elle a la tête sur les épaules, à le franc parler (j'adore
Bon il faut que je replace l'intrigue avant d'aller plus loin : donc : Léa, Marie-Laurence et Julie, puis Amel ont perdu respectivement : un mari pour la première, le même homme pour les deux suivantes (un homme qui avait deux vies, chacune avec l'une de ces femmes), puis la dernière a perdu son frère. Il s'avère que ces trois hommes ont disparu ensemble (bon, je ne vais pas donner toute l'intrigue sinon mon poste va durer trois plombes !). Bon, toutes ces femmes recherchent les raisons de la disparition de leurs proches (accident ? fuite volontaire ? ...).
Pour en revenir à Léa, elle va tenter de découvrir (enfin) qui était son mari disparu et va continuer à se poser beaucoup de questions sur son manque d'attachement vis-à-vis de son mari, elle dit souffrir d'un manque d'instinct maternel, ... (en écrivant, je me rend compte que le personnage et son analyse sont passionnants !). Enfin bref, si je ne vous ai pas perdu en cours de route, voilà que déboule Dolorès (rencontre qui commence par une dispute de cadis à 10 minutes de la fermeture d'un magasin ...). Dolorès va proposer à Léa d'être la nounou (la pauvre Léa ne s'en sort pas entre son entreprise, ses filles, et l'enquête qu'elle mène avec ses autres comparses d'infortune (oui, elles sont en dangers de mort nos filles).
Et là, j'ai vu anguille sous roche enfin baleine sur gravillon avec le personnage de Dolorès v ! Et mon intuition s'est avérée juste : Dolorès, d'origine étrangère, immigrée sans papier, est l'opposée de Léa et va agir comme l'élément déclencheur pour Léa. Cette dernière va s'attacher rapidement à Dolorès, être plus démonstrative (dans le sens où Léa n'aime pas être touchée, n'aime pas montrer ses sentiments, elle reste stricte (sûrement pour se protéger en fait!) ... enfin bref ... Dolorès va ouvertement dire à Léa qu'elle a quitté son pays pour des raisons politiques et qu'elle a du abandonner la femme qu'elle aimait. Et là, dans la tête de notre chère Léa, tout se débloque. Au contact de Dolorès, elle va s'affirmer, prendre confiance en elle et prendre conscience qu'elle peut avoir des sentiments. Bon, on passe par le déni de Léa d'assumer son attirance pour Dolorès, mais, étant d'un caractère franc, elle va progressivement assumer (elle reste sincère à sa personnalité). J'ai beaucoup aimé la réflexion de la plus jeune des fille de Léa quand cette dernière tente de lui dire qu'elle va vivre avec Dolorès, et que Dolorès répond qu'elle sera la nounou des enfants encore (oui, Dolorès était partie, puis revenue après l'insistance de Léa pour la revoir) : " C'est comme Sixte (oui, j'ai compris ça mais je suis dure d'oreille parfois) " dit la fillette. Léa de répondre "c'est qui ? " et la fille de répondre (grosso modo, je fais avec mes souvenirs) "Sixte à 2 mamans. C'est dommage que ce n'est pas ce que tu nous annonces parce que c'est cool d'avoir deux mamans ". Enfin bref, tout fini bien. Léa assume, amoureuse comme une collégienne si je puis dire.
Bon après ce roman (je suis désolée, je m'emballe facilement), je tire un petit bilan. Nous avons, dans cette mini-série de France 3, une représentation de l'homosexualité féminine que je trouve positive. Elle n'est pas omniprésente mais elle est cohérence quand on prend le recul des épisodes. Léa est une femme qui a la réussite professionnelle mais n'est pas accomplie au fond d'elle-même. Le fait qu'elle ait besoin de parler à une psy en témoigne. Finalement, ces évènements autour de la disparition de son mari va la rapprocher du groupe des trois autres femmes qui ont aussi leurs proches de disparus. Elle va connaître l'amitié, une prise de conscience sur la situation qu'elle vivait avec son mari disparu, pour aller vers une compréhension d'elle-même, de ce qu'elle peut ressentir. Dolorès va être le déclencheur d'une véritable éclosion de "moi" de Léa. Léa est une intellectuelle qui a besoin de comprendre, d'analyser et de s'avouer les choses pour progresser (elle me rappelle moi, je sais, c'est HS
PS : j'ai beaucoup aimé la scène où Léa porte des lunettes de soleil pour cacher sa tristesse et ses yeux rougis par le départ de Dolorès (car Léa n'assume pas) et qu'elle dit à ses amies qu' "elle a perdu sa nounou " (comme si c'était un drame national !) et les autres de dire mais ce n'est pas grave, tu en retrouveras une (elles ne savent pas encore l'attachement de Léa pour Dolorès)
BREF, J'ai adoré le personnage de Léa (l'effet rouqine ??