J'aime bien ce que tu dis, ça fait réfléchir et justement en y réfléchissant bien, c'est je crois le moment où Betty part le plus loin, se laisse clairement aller ne sachant pas trop où elle va. Seule Diane le sait et gouverne, même si on ne le sait pas encore. Je crois même que c'est le début de la fin de Betty.Fatima a écrit :Mais moi aussi je t'aime bien![]()
Ce qui me fait frissonner, c'est que Naomi Watts joue parfaitement, on voit dans ses yeux la prise de risque qui peut avoir des conséquences inattendues, la peur que l'on ressent à jouer sa vie par un geste de folie, on dirait que les larmes sont prêtes à couler à tout moment. Forcer son coeur à battre plus fort d'un seul coup, c'est peut-être cela "vivre".
D'ailleurs son acolyte l'a bien cherché, avec ses atouts notamment... !
Et cette question sans réponse que tu poses a une certaine justesse: c'est peut-être cela "vivre".
Diane donne le sentiment de vivre part le biais de Betty, mais ce moment précis, ce moment frissonnant, qui ensuite ne tarde pas à bifurquer sur ce plan des deux mains liées, marque le début d'une rupture et même d'une transition. Ce moment est extrêmement paradoxal pour moi, Betty a atteint le sommet, c'est le moment ensuite du silence où tout se bouscule, avant de s'éclipser et même avant d'être tuée par Diane? et le fait que Betty disparaisse soudainement ne me donne pas le sentiment d'une mort de ce personnage, mais plutôt que Diane l'a chassée en revenant à elle, donnant alors la sensation que Betty et Diane n'étaient pas qu'un, mais deux personnes bien à part, l'une gouvernée par l'autre.
Ce moment est extrêmement intense, il arrive au bout de 1h50 de film par là, pratiquement 2h, on ne peut pas croire, ou on ne veut pas croire que Betty et Rita ne sont plus là et n'ont pas vécu cet union intense de vie, en les ayant accompagnées jusqu'à ce point précis. D'ailleurs, je crois que c'est pour cette raison que la scène du Silencio, malgré le message bien clair du fait que tout n'est qu'illusion, on ne peut pas le recevoir, on n'a pas tellement l'intention de quitter Betty et Rita, on en est toujours à vouloir savoir quel sera le destin de chacune.
Je trouve que c'est une forme de vie à travers le fantasme, une vie dans sa propre prison.
Ensuite, je pars sur une autre réflexion.
Ca me rappelle qu'on découpe souvent le film entre le rêve et la réalité. Puis je me dis, surtout, quelle est la part de vérité? au final, j'ai le sentiment qu'on est tous enfermés, nous spectateurs, dans la tête de Diane du début jusqu'à la fin, on y croise Betty, Rita, d'autres, puis Camilla, etc, les uns viennent et repartent. On n'a que la vérité de Diane, seulement sa réalité à elle enfermée dans son cerveau et ce BOUM final, ce coup de feu dans la tête, c'est une libération de tout ce qu'elle pouvait contenir, nous sommes nous même expulsés et la suite continue de notre côté en se posant nos questions, en étant plongée dans nos émotions, dans notre propre silence. Je le ressens comme un relais.
Et là je visualise un crâne où l'on est invité à y entrer et y prendre place, chacun prend son siège avant d'en être éjecté.
D'ailleurs cette question de part de vérité rejoint quelque part ce que tu disais Fleming sur ce qui t'avait marqué au second visionnage :
Je ne sais pas si tout ceci est très clair, mais c'était mes nouvelles réactions, toujours bien personnelles!Fleming a écrit :je viens de regarder le film une deuxième fois... et cette fois-ci, ce qui me frappe, c´est la folie de la blonde... que je n´avais pas percue autant lors du premier visionnage.
La scène du banquet chez le régisseur avec qui, peut-être, ce n´est pas dit, la brune va se marier (c´est comme ca en tout cas que j´interprête les non-dits...) cette scène où la blonde est meurtrie... au premier visionnage je trouvais que la brune était salope, mais au deuxième visionnage, je crois voir la scène à travers le regard de la blonde, sa folie, sa jalousie, et en fait, peut-être que ce que l´on voit n´est pas ce qui se passe vraiment.... les regards que lance la brune à la blonde comme pour la narguer, je me dis que c´est la blonde qui les interprête ainsi.
)
Oh mais avant de terminer, il y a quand même un avis qui m'a posé soucis, en tout cas je n'ai pas tellement compris. Il remonte un peu, alors je ne sais pas si la personne repassera dans le coin. J'aurai bien voulu être éclairée au sujet de cette réflexion:
Je ne comprends pas en fait "c'est un film très très masculin."caty a écrit :Je suis étonnée que ce film plaise (cad plaise beaucoup) à des femmes.
En fait, il est vrai que ça peut peut-être se comprendre mieux sur ce forum-ci.
Quoique, vu la deuxième partie et son traitement noir, névrotique et tragique de l'histoire d'une femme qui en aime une autre passionnément, on pourrait s'attendre à plus de rejet.
[...]
J'ajoute ce qui ajoute à mon étonnement de son impact sur les femmes (dont moi) : c'est un film très très masculin.
Mais c'est peut-être aussi pour ça ?
Si Cathy tu repassais, j'aurais bien souhaité que tu détailles ce que tu entends par un film "très très masculin".
Je vais m'arrêter là pour ce soir. Cerveau turn off.