Il y a deux versions, deux allemandes, une en 1931 et l'autre en 1958, à savoir que la première version a failli être complètement détruite sous le régime nazi, mais heureusement quelques copies y ont échappé.
L'intrigue :
Au début du XXe siècle, après le décès de sa mère, la jeune Manuela est admise dans une institution pour jeunes filles où la rigide directrice impose une discipline de fer. Manuela reporte toute son affection sur Mlle Élisabeth von Bernburg, seule surveillante à lui témoigner de la bienveillance. Au pensionnat, lors d’une fête un peu trop arrosée, Manuela crée le scandale en clamant haut et fort son amour pour Mlle von Bernburg...
Les deux versions se tiennent à peu près avec quelques petites variantes, surtout à la fin qui est un peu plus allongée et explicite dans la seconde version.
Personnellement, j'ai eu plaisir à regarder les deux, chacune a son esthétique, une en noir et blanc, l'autre avec des couleurs un peu pastelles, vieillies, qui ont leur charme aussi. J'ai malgré tout eu une préférence pour la 2e version.
Alors peut-être que je manque d'objectivité quand Romy Schneider est dans les parages, avec en plus Lilli Palmer, mais là où j'ai préféré, c'est au niveau du déroulement: l'arrivée de Manuela, puis l'évolution des sentiments, l'éclat, ensuite le drame... tout est plus évolutif, intense et moins brouillon que dans la première version où tout semblait tomber et s'enchainer bing bang boum, un peu trop rapidement et de manière désordonnée à mon goût.
J'ai aussi préféré l'enseignante, alias Lilli Palmer, dans son jeu, qui est plus distante, froide, tout en pouvant être chaleureuse avec ses élèves. On ressentait la variation de ses émotions avec subtilité, à la fois attendrie et troublée, tout en se faisant violence pour ne pas perdre la raison.
L'autre enseignante, dans la version de 31, interprétée par Dorothea Wieck, elle semblait plus démonstrative, plus de gestes tendres, elle avait son charme aussi, mais pourtant j'ai bien moins ressenti la force des émotions.
Romy Schneider, en Manuela, a été brillante aussi, étant attachante, à la fois dans la réverse, puis dans l'audace, l'explosion et pour finir la détresse. Dans son petit costume de Roméo, toute guillerette, je l'ai juste adorée, tellement touchante et frappante quand elle fait sa déclaration, même si aidée par un bon petit punch.
Manuela jouée par Herta Thiele dans la première version, elle étant attachante d'une autre manière, mais moins saisissante.
Pareil pour les amies, elles m'ont plus marqué dans la seconde version, chacune a sa personnalité qui rend tout le groupe sympathique, même celle qui est jalouse de Manuela ne me paraît pas si désagréable. Il y a juste une grosse casse bonbon de service qui emmerde son monde grâce à ses petits pouvoirs, mais c'est tout.
Aussi j'avais bien aimé la meilleure amie de Manuela, Kleist, toujours attentionnée envers elle et avec ses petites manières, elle me faisait marrer.
Sinon que ce soit dans les deux versions, c'est peut-être un gros spoiler, mais pas de french kiss et pas de scène toride à s'arracher les vêtements et se plaquer contre les murs. Juste un baiser du bout des lèvres, mais que j'ai trouvé intense seulement dans la seconde version, avec ensuite quelques moments jonglant entre tentation et rejet, toujours émouvants.
Dans la première j'ai l'impression qu'on a eu un baiser qui est arrivé PAF super tôt et puis ciao et des gestes de tendresses ensuite, sans vraiment ressentir une réelle tension. Tout restait mignon dans cette version avec une chouette ambiance noir et blanc.
Après, je dirais que dans l'ensemble, j'ai été très touchée, passionnée par l'intrigue, je me suis marrée à deux trois reprises, puis ça m'a clairement ramenée à des souvenirs de ma scolarité, à travers des moments, des échanges, un relationel et un peu à travers Manuela aussi, même si ces films ne représentent pas mon époque et que je n'avais pas d'uniforme et que je ne suis jamais tombée éperdument amoureuse d'une prof. Si j'avais eu une enseignante Ms Élisabeth von Bernburg alias Lilli Palmer, je crois qu'aujourd'hui je squatterais le sujet "coup de foudre pour une prof" pour vous casser les bonbons avec les moindres détails de mon histoire! pas que j'estime que les membres qui y postent cassent les bonbons, mais je sais que je peux être très passionnée à travers un sujet, peut-être un peu trop et pas comme il faudrait.
Films aussi que j'ai trouvé très agréables à travers l'ambiance, la musique, la photographie, dégageant une certaine poésie parlante, plus qu'à travers les nouveaux qui sortent avec la thématique amour impossible prof/élève, entre les clichés de la pseudo rebelle qui fait du rentre dedans à la prof réservé, ou la prof cougar qui branche l'éternel ado, ce qui me rend un peu sceptique... mais certainement, comme on dit, chacun ses goûts!
LA FIN! j'allais m'arrêter là, mais il y a la fin. La fin a sa variante suivant la version, plus longue dans la 2nde. Une fin qui pour moi n'est pas si négative que ça. Je préfère mettre en spoiler... big suspens.
Première version: http://www.youtube.com/watch?v=0Bj1Z5Pd7vc
Deuxième version: http://www.youtube.com/watch?v=gZrWvIyqjZk
Je crois que j'ai dit tout ce que je voulais dire.
Juste un ajout, des affiches que je viens de trouver:
Version de 1931

Et celle de 1958

Et bien sûr, on trouve toujours des petites perles au passage sur le net.
Voici une autre version qui existe. Ames sensibles, s'abstenir!
http://img.abrakaba.com/0030750F-7/Jeun ... -VOST-.jpg

