.Fantasmagorie a écrit :Je pense qu'il reste d'autres questionnements par rapport à Carol. Notamment sur sa fille. Il y a quand même un tout gros sujet la dessous. Un débat qui peut être créé. Le choix de Carol concernant sa fille m'avait laissé sans voix.
Je suis remontée au début du topic car ce point en particulier avait vraiment attiré mon attention à la lecture du livre.
La réponse d'Aumai m'avait assez déroutée d'ailleurs.
Je me permets de reprendre ici sa réponse.
Il m'est arrivé depuis de m'interroger sur le côté inaltérable des liens.Parfois pour le bien de ceux qu'on aime, il faut parfois savoir accepter la plus pénible des solution.
Y a-t-il un lien inaltérable et est-il de cet ordre avec un enfant ?
J'aurais tendance à dire aujourd'hui que ce lien peut aussi être altéré, comme le lien avec un parent au sens large du terme. Et je comprends mieux que la plus pénible des solutions puisse être envisagée.
Il me semble au contraire que la société lui impose un choix : soit elle se comporte "convenablement", rentre dans le rang de l'hétéronorme, poursuit la mascarade imposée, auquel cas, les apparences seront sauvées et elle pourra voir sa fille, soit elle ne se plie pas à cette injonction et alors la société bien pensante ne lui octroiera pas la possibilité d'exercer son rôle de parent et la garde de sa fille lui sera retirée.Je ne pense pas que la société lui ait imposé quoi que ce soit, elle a fait un choix. Ce choix est discutable.
Elle le dit d'ailleurs dans cette très belle scène chez les avocats : il fut un temps où elle se serait cachée pour pouvoir conserver ce lien avec sa fille mais ce temps est révolu et elle n'ira pas contre sa nature.
Elle n'abandonne pas sa fille. Elle insiste d'ailleurs sur le fait qu'elle tient à la régularité du droit de visite qu'elle demande, sinon, elle ira plus loin dans la procédure et se sera terrible.
Sa décision me semble très courageuse au fond, car elle lui coûte, énormément, viscéralement.
Rindy reste en filigrane dans le film.
Dans cette autre très belle scène au Ritz Tower Hotel, magnifiquement filmée à deux endroits différents du film, du côté de Jack dans un premier temps, puis de celui de Carole et Thérèse dans un second temps, Carol explique à Thérèse qu'elle est Harge vendent la maison, qu'elle habite sur Madison Avenue et qu'elle a un nouveau job.
C'est Thérèse qui enchaîne en lui demandant :
- Have you seen Rindy ? (As-tu vu Rindy ?)
Elle dégage bcp d'empathie dans cette question, semble s'ouvrir à Carol en inclinant légèrement la tête en signe de compassion (je trouve Rooney Mara très juste dans ces détails du non-verbal). Elle sait que c'est le point crucial pour Carol.
Cette dernière répond :
- Once or twice. She's living with Harge for now. It's (on sent dans son soupir et l'arrêt de sa phrase, toute la lourdeur et la difficulté de la situation. Cate Blanchett résonne vraiment juste)...the wright thing.
(Une ou deux fois. Elle vit avec Harge à présent. C'est...la bonne chose qu'il fallait faire.)
En fait, aucune scène ne me semble superflue.
En revoyant le film, je me suis dit que c'était Carol qui invitait Thérèse au voyage, à deux reprises, en prenant ces fameux risques dont Cate Blanchett parle à plusieurs reprises dans ses interviews lorsqu'elle parle des sentiments amoureux.
La première lorsqu'elles sont toutes les deux sur les toits.
Carol demande à Thérèse si elle veut l'accompagner dans son road-trip.
- I'm going away for a while. (Je m'en vais pour un moment)
- When ? Where ? (Quand ? Où ?)
- Wherever my car would take me...West...Soon...and I thought, perhaps, you might like to come with me ? (Là où ma voiture m'emmènera...A l'ouest...Bientôt..et j'ai pensé, que peut-être, tu aimerais venir avec moi.)
On sent dans la forme choisie (might), toute la délicatesse que Carol a envers Thérèse.
Puis une très belle tension dans ce silence qui suit et elle ajoute :
- Would you ? (Aimerais-tu venir avec moi ?)
Et Thérèse lui répond, des étoiles dan les yeux :
- Yes...Yes, I would.
La seconde, avec cette même tournure de phrase, lorsqu'elles sont au Ritz Tower Hotel.

Carol se met, là, complètement à nu, je trouve, bien plus à nu que lorsqu'elles se rencontrent physiquement dans la chambre d'hôtel à Waterloo.
- Anyway...The apartment is nice and it's a big one. Big enough for two. I was hoping you might like to come live with me, but I guess you won't. (Bref...L'appartement est joli et il est grand. Assez grand pour deux. J'avais espéré que tu aimerais venir vivre avec moi mais je suppose que tu ne voudras pas.)
Toujours cette façon délicate de s'adresser à Thérèse.
Après avoir annoncé cette forme négative (you won't), elle reprend par une forme interrogative, ce qui donne, je trouve, bcp de force à la question.
Elle ferme la proposition, puis l'ouvre de nouveau avec bcp d'attente, d'émotion et de tension :
- Would you ? (Le voudrais-tu ?)
Après un silence chargé (on sent que Thérèse est très destabilisée par ce que lui annonce Carol mais qu'elle se protège), elle lui répond :
- No. I don't think so. (Non. Je ne pense pas).

Carol jette alors sa dernière carte et lui dit :
- I love you. (Je t'aime.)
Dans ces deux moments clefs de leur relation, je trouve Carol d'une grande délicatesse avec Thérèse.
Quel est ce mystère que tu ressens ?Fantasmagorie a écrit :Sinon il reste aussi tout un mystère autour d'Abby

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