Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

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willow
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Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Message par willow »

"Fais-moi oublier"

Roman de Brigitte Kernel paru en janvier 2008.
Fais-moi oublier Quatre amis, deux couples, dînent sur une terrasse. Ce soir d'été, Louise, la compagne de Léa, se prépare à partir en reportage dans un pays en guerre. On parle de l'éclipse qui passera bientôt sur la France. Personne n'imagine alors que ce sera la dernière soirée avec Louise. Personne n'imagine alors qu'il faudra affronter le deuil et ses lames de fond, la violence de l'actualité et le revirement des passions. Un roman d'amour, celui d'une femme tiraillée entre l'homme de sa vie et le charme troublant d'une amie qui vient de perdre sa compagne, celui d'une femme confrontée au plus grand des tabous... Que devient le désir quand un drame survient ?
J'ai lu ce livre en 2 jours, il est vraiment prenant et quand on le commence c'est dur de le poser avant la fin, et quand je l'ai fini j'étais vraiment frustrée...(mais peux pas tout raconter), enfin bref ce livre est vraiment bien écrit, on rentre tout de suite dans l'univers de la narratrice, presque à sa place tellement c'est super!!!

Je vous le conseille!!!!!!!
A little respect

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peace
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Re: Fais-moi oublier

Message par peace »

En effet, le résumé me plaît bien, mais si tu dis que t'as été frustrée, j'hésite...
J'aime pas être frustrée à la fin d'un bouquin !

L'histoire se déroule où ? Enfin je veux dire ça se passe en France avec Léa et l'autre couple, ou alors tous les personnages sont suivis à tour de rôle ? (Louise pendant son reportage, les autres qui restent en France...)
Et c'est centré sur les sentiments de la femme ou c'est juste un aspect du bouquin ?
"Ciao bella, tu manques à ma vie... Ciao bella, jamais je n'oublie, ta voix..." [Rose]

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willow
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Re: Fais-moi oublier

Message par willow »

Non ça se passe en France, en fait c'est la femme du gars qui raconte l'histoire, ce qu'elle ressent, c'est comme si tu écrivais ton journal, tout ce que tu vois ce que tu penses... Franchement il est magnifique mais oui j'ai été frustrée car la fin n'est pas celle à laquelle on s'attend au fur et à mesure du livre, mais je crois que c'est fait exprès, j'veux dire on n'a pas l'impression que la fin est bâclée, elle est très bien faite!!!! Il faut vraiment le lire!!
A little respect

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ipso
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Re: Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Message par ipso »

Je l'ai cherché dans la célèbre enseigne bleu et jaune de chez moi et il n'est pas dans les rayons :evil:
A la lecture de vos retours et critiques il me tente bien ce livre... J'ai cru comprendre qu'il jouait les globe-trotters :roll:
Pourrait-on continuer la chaîne ? En plus l'idée d'un livre voyageur m'enchante :lol:

Par contre ils ont en rayon "A cause d'un baiser" du même auteur... très tentant aussi... Peut-on aimer deux personnes à la fois ? Beau débat en perspective :roll:
Quelqu'un l'a lu ? Qu'en avez pensé ?
Le bonheur n'est pas aussi exigeant que nous.
Il se contente de peu.
Un rien le réjouit.
C'est dans le détail et l'insignifiant que se logent ses plus grandes sources de satisfaction et de plénitude.

Lynxette

Re: Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Message par Lynxette »

...

Je l'ai fini...
J'ai l'habitude, afin de capitaliser mes lectures, de prendre des notes.

Ce qui m'a marqué c'est le sentiment d'impuissance face au deuil et le syndrome "super héro" que développe la narratrice envers Léa. Mettant, par la même, son propre chagrin entre parenthèse. J'ai trouvé cela particulièrement juste l’ayant personnellement vécu au décès du père de ma petite soeur. Ce syndrome qui vous fait vous sentir coupable et redevable, comme si pour oublier ou ne pas penser à sa propre peine, on essayait d’exorciser celles des autres (le s est volontaire: il n'y a pas une peine mais autant de peines qu'il y a de personnes).
"N'est-ce-pas plutôt culturel qu'instinctif de vivre?"
C'est une question (peut-on finalement la qualifier d'affirmation?) qui intervient dans les dernières pages du bouquin qui m'a particulièrement parlé. Je ne développerai pas plus je vous laisse à vos réflexions.

Le style est très fluide, c'est un point de vue interne: l'histoire est racontée au travers du regard de la narratrice. La narratrice se pose beaucoup de questions auxquelles on n'a pas forcément de réponses.
"Le travail du deuil se fait malgré lui, la marée se retire doucement, chaque jour nouveau apporte quelques secondes supplémentaires de sursaut de vie, de sérénité, ou d'oubli fugace"
J'ai adoré cette phrase et la métaphore sur la marée. Marée qui est un processus inébranlable, cyclique et intemporel.

On trouve quelques phrases bien senties qui ramènent à la dur réalité:
"Anne est morte en quelques minutes, contre moi, je lui caressais la tête, remontais ses cheveux tout en essayant de glisser dans sa culotte, entre ses fesses, ce maudit suppositoire."
On peut imaginer que ça laisse des traces à une gamine de 15 ans...

Quant à la relation entre Léa et la narratrice c'est assez fossé car sans deuil: pas de relation. Quand quelqu'un meurt on n'a besoin de se raccrocher à la vie par n'importe quel moyen. Le sexe, la drogue et autres joyeusetés en font partis. Quand la narratrice parle de relation
Inenvisageable
c'est qu'elle l'a envisageait des centaines de fois justement!
"Jure ! [moi] Jamais faire l'amour ensemble même si on en crève d'envie... J'ai juré. Et jure-moi que Louise n'a pas souffert, qu'elle n'a pas senti qu'on lui tirait dessus... J'ai juré."
C'est magique cette phrase et ça témoigne des imbécillités qu'on peut sortir pour aider quelqu'un. Autant la première partie on peut y croire et s'y tenir mais la deuxième partie de la phrase on se dit : pour rassurer quelqu'un on dirait n'importe quoi et donc on se dit de suite que ça finira par coucher ensemble.

Quant à la fin je vois ça comme l'envole du papillon...

PS: une autre phrase qui m'a plu:
L'amour ne se partage pas: il s'ajoute
Modifié en dernier par Lynxette le mer. 4 avr. 2012 16:43, modifié 1 fois.

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Djul
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Re: Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Message par Djul »

Ca y est je l'ai lu ! J'ai beaucoup aimé. Je trouve que la douleur de la perte d'un être aimé, tout comme celle de voir un proche souffrir, est très bien retranscrite. J'étais malade avec la narratrice à l'idée d'annoncer la décès de Louise à Lea.

J'avais complétement fait abstraction de la première phrase du livre, quand je l'ai lu j'avais cru que ça parlait de celle qui allait mourir dont je ne savais pas encore le nom et après je n'y ai plus pensé. Ce n'est qu'à la toute fin, quand les filles s'arrêtent sur le pont que j'ai eu un épouvantable tilt "elle a sauté du pont" mais alors........ce n'était pas Louise !
Du coup normalement on s'y attend (enfin est ce que ça a été votre cas ?) mais moi ce n'était pas du tout le cas !

Bref j'aime quand un livre me fait ressentir des émotions et ça a été le cas donc c'est une réussite pour moi :)

Encore une fois merci à Inconsciente qui a partagé son livre, et à Lynxette qui me l'a transmis :D
"Avec tout ce qu'il se passe dans le monde, je suis sidérée qu'on dépense autant de temps, d'énergie et d'argent à bannir l'amour"

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ipso
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Re: Fais-moi oublier de Brigitte Kernel

Message par ipso »

Ca y'est lecture achevée... Nom d'un chien il faudrait instaurer des messages de préventions sur les bouquins ! :o
La claque... C'est écrit avec une telle justesse qu'on vit les événements avec les personnages, on ressent toutes leurs émotions comme si nous y étions.

Comment peut on toucher à ce point la perfection dans la description des sentiments face au deuil d'un être cher ? Pour moi l'amour naissant (mais qui semble avoir germé dès leur première rencontre) entre la narratrice et Léa est secondaire ce qui importe c'est le comportement face au deuil. Peut on s'autoriser à vivre, à aimer malgré LA perte... Pour moi la réponse est oui... L'amour ne se partage il se rajoute..

Le déni, la volonté farouche de ne rien oublier, la culpabilité de ressentir une étincelle de vie malgré la perte et pour l'entourage renier son propre chagrin pour ne pas alourdir celui des autres.

Bref j'ai adoré ce livre.
Waouh j'en suis encore toute chamboulée.
Le bonheur n'est pas aussi exigeant que nous.
Il se contente de peu.
Un rien le réjouit.
C'est dans le détail et l'insignifiant que se logent ses plus grandes sources de satisfaction et de plénitude.

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