Je comprends ta réaction : le titre voulait faire réagir. L'article aussi. Car on peut faire l'histoire de Violette Morris en la bourrant de stéréotypes. Le simple fait de souligner le fait que son père voulait un garçon semble expliquer qu'elle puisse devenir un "garçon manqué" pour lui plaire par exemple. Ce n'est pas ce que je pense. Je n'y crois pas. Mais les études sur elle soulignent tous cet élément.Raf. a écrit :Violette Morris, une héroïne monstrueuse ?
L'héroïsme est il d'avoir des médailles ?
L'héroïsme est il de ne pas avoir peur de montrer sa différence ?
je trouve un peu fort ce terme pour parler d'une personne qui finalement ne semblait se soucier que d'elle même. Je n'ai pas lu les ouvrages, juste l'article. C'est donc un avis purement personnel.
Je ne sais pas non plus où commence et où finit l'héroïsme. Mais de qualifier une femme comme violette d'héroïne...
EDIT : je tiens juste à rajouter que peut être ma réaction tient à l'image, la définition que je me fais d'un(e) héros(ïne). c'est à dire une personne lambda qui fera un geste complètement désintéressé envers autrui, sans autre but que de d'aider, rendre service ou même sauver. Sans rien attendre en retour, ni gloire, ni fortune, ni célébrité. Les plus grands héros sont les plus discrets...
Et je ne peux m'enlever de l'esprit que cette femme agissait pour elle même avant tout...
J'explique quand même mon terme : au départ, le héros est grec et c'est un mi-homme, mi-dieu. Il est très fort aux jeux (soit par force athlétique, soit par ruse...). Violette Morris est exceptionnelle : c'est une athlète complète qui touche à presque tous les sports interdits aux femmes et qui réussit à décrocher des titres. Même si cela peut choquer, je pense qu'elle a eu un impact sur les femmes, les féministes et les jeunes lesbiennes. Sans être forcément un modèle, elle a quand même contribué à faire changer non seulement les mentalités mais aussi les règlements sportifs. Si tu préfères le terme de "pionnière", je suis d'accord, mais jusqu'à la fin des années 1920, rien ne peut lui être reproché. Certes, elle est sans doute égoïste, mais elle prend certains risques. C'est une conduite individualiste, mais cela a des conséquences plus larges.
Sur le monstre, pas de commentaire, tu sembles d'accord. Elle me fait penser à un Lucien Lacombe. Elle n'a aucune circonstance atténuante, d'ailleurs il n'en existe pas sur ce type de crime. Elle est juste impardonnable.
Le point d'interrogation ne fait que souligner l'énigme, car à mon sens, elle est probablement une héroïne jusqu'à la fin des années 1920 et si elle était morte à ce moment-là, sans doute serait-elle une héroïne pour certaines d'entre nous, mais elle a continué à vivre et elle a fait des choix qui l'ont transformé en quelqu'un d'inhumain et monstrueux. Je n'arrive pas à comprendre son parcours. Les livres qui ont été écrits sur elle focalisent sur la fin de sa vie, comme si cette fin permettait de rendre compte de l'ensemble. Je sais qu'en me plaçant dans l'optique "de comprendre" son parcours, je semble ouvrir une porte pour excuser l'inexcusable, mais je crois que ce personnage est intéressant à plus d'un titre : c'est une vraie "butch" à une époque où les butchs sont relégués; c'est une femme méprisable qui a commis l'irrémédiable et, c'est le point qui fait mal, elle est lesbienne. Un auteur a écrit un livre sur la "Lesbienne gestapiste", comme s'il y avait un lien possible et qui rajoutait à l'horreur. Cette histoire fait "scandale" au sens premier et propre : elle fait obstacle à la raison et elle soulève le cœur. Désolée pour cette livraison juste avant Noël...Raf. a écrit : Après il ya le mot monstreuse, c'est vrai, et même un "?" pour nous laisser sans doute le choix.
Mais le premier reste un mot qu'on emploie pour des actes, et les actes de cette femme sont, selon mon avis à moi, qualifiables de beaucoup de choses mais pas d'héroïsme...Voilà je voulais réagir là-dessus car je crois que d'avoir lu et vu ce mot sur une personne comme elle va me déranger encore un long moment.
Mais merci pour ton avis, très stimulant.
Tu peux classer ce portrait dans la catégorie de ceux que tu n'aimes pas.