Citation de la semaine
« L'innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement comme une opportunité. » Peter Drucker
« L'intrigue du film est particulièrement complexe. Utena se demande quel est le véritable enjeu de tous ces duels. Selon elle, ils dépassent le simple attrait pour Anthy, et dans cette atmosphère magique, le récompense doit être un pouvoir. Au début, elle est peu motivée par l'enjeu, mais elle reste toujours attachée à Tôga et veut à tout prix l'empêcher de s'unir définitivement à Anthy. Ensuite, d'autres éléments interviennent et bouleversent le récit. L'univers d'Utena est surréaliste donc autorise beaucoup de libertés. L'atmosphère est sombre mais cela n'empêche pas d'avoir des scènes d'humour complètement déphasées avec le reste. L'effet provoqué est que nous ne savons pas ce qui peut surgir d'une scène à l'autre.
Ce qui connaissent la série ou le manga inspiré, comprendront mieux le film qui reprend l'histoire complètement, mais le scénario du film n'est pas le même que celui de la sérié télévisée. Bien entendu, tout est plus condensé et recentré sur deux ou trois personnages, mais surtout la fin du film est spécifique et peut surprendre.
Le dessin des personnages, la musique et l'animation n'ont rien d'exceptionnel, mais certaines scènes à l'esprit très shôjo se détachent du lot, comme l'instant où Utena reçoit son anneau ou qu'elle rejoint la nuit Anthy sur la plateforme de roses. Le charme du film provient aussi de son univers un peu déjanté et fantastique, avec ce collège aux bâtiments immenses et en mouvement, complètement imaginaires. Enfin, la présence de ruines, de morts et de fantômes, baignés soit dans de l'humour ou du romantisme donne une atmosphère particulière à ce film, presqu'un peu dérangeante. »
« Cela faisait un bout de temps que je voulais voir Adolescence Mokushiroku. Après avoir largement apprécié l’animé il y a déjà quelques années, je me suis donc replongé dans l’univers caractéristique de la « fillette révolutionnaire ».
L’on retrouve donc cette esthétique particulière et stylée faite de traits anguleux, de longues perspectives élancées de contrastes de couleurs exceptionnels. Plus encore que dans l’animé, chaque trame du film est un petit chef-d’œuvre graphique. Ce mélange de trait façon bande dessinée franco-belge, et de grands yeux à la japonaise, lui confère toujours autant son cachet propre et immédiatement reconnaissable. L’univers d’Utena, exagéré voire surréaliste, s’offre donc beaucoup de possibilités. S’inspirant des codes shôjo, il développe un romantisme exacerbé et traite assez directement de thèmes saphiques, sans la lourdeur habituelle des Japonais concernant le yaoi.
Il est difficile de saisir le ton et la véritable essence de la légende Utena. Le film est beaucoup plus adulte qu’il ne le laisse paraître. Il développe une réflexion éminemment intéressante, quoi qu’un brin moraliste, sur l’image de la femme dans la société nipponne contemporaine. Pour cela, le scénario use de lourdes symboliques. Parmi elles, le jeu d’ombres chinoises rythme toujours aussi bien la force du côté grave des thèmes. L’un dans l’autre, le film distille cette même atmosphère tout à fait unique. Les duels surréalistes montent rapidement en intensité grâce à une mise en scène audacieuse et un accompagnement sonore impeccable.
Dans son rapport à l’animé dont il est issu, Adolescence Mokushiroku se centre sur la relation amoureuse de Shinohara et Utena. Peut-être est-il un peu moins surréaliste, dans le sens où le scénario évince Dios et la société secrète pour tout faire tourner autour des sentiments d'Utena. Il n’en reste pas moins un ensemble sinon capital, au moins majeur dans le paysage d’animation japonaise. »
Gael sur Kanpai.fr
« Dans la lignée de Princesse Saphir et Lady Oscar (thème du travestissement), de Très cher frère (thèmes du cercle d'initiés et des rapports ambigus entre les personnages) et de Sailor Moon (par ses codes graphiques et ses réutilisations de mêmes scènes à chaque épisode), cette série semble être de prime abord un shojo assez conventionnel néanmoins elle se révèle vite plus complexe qu'il n'y parait. De plus, les situations très suggestives, l'homosexualité et l'inceste évoqués de manière explicite - mais souvent sous la forme moins choquante de métaphores visuelles - démontrent sans équivoque que l'on n'est pas dans un ersatz de Candy.
A l'instar d'Evangelion, la mise en scène alterne sans cesse entre plusieurs tons, certains épisodes étant terriblement dramatiques, alors que d'autres sont complétement burlesques. Mais tous ont en commun une ambiance irréelle, renforcée par l'absence de scènes se déroulant hors du lycée Ohtori. Outre des situations totalement décalées (un train passe dans le lycée, une étudiante se transforme en vache, d'autres échangent leur personnalités...), on peut noter la présence de figures en ombres chinoises commentant de manière grotesque les événements, même les plus dramatiques.
La série animée peut être délimitée en quatre parties distinctes. Dans la première partie (épisodes 1 à 13), Utena découvre les personnalités complexes de chacun des membres du Cercle de la Rose et fait connaissance avec Anthy, qu'elle souhaite émanciper. La deuxième partie (épisode 14 à 24) voit l'apparition de Mikage Souji, chef du Cercle de la Rose noire, et de son assistant, Chida Mamiya qui manipulent des élèves afin de leur faire affronter Utena, sans se douter que Akio les dirige en coulisses. Cette partie s'intéresse surtout aux personnages secondaires, qui ont quasiment tous un rapport avec l'un des membres du conseil des élèves. Il est à noter que cette partie n'existe dans le manga que sous la forme d'un bref chapitre hors-série. Dans la troisième partie (épisode 25 à 32), les membres du conseil s'affrontent à nouveau pour la fiancée de la Rose et le secret de chacun est révèlé au grand jour. La quatrième et dernière partie (à partir de l'épisode 33) est exclusivement centrée sur Utena, Anthy et Akio.
Il existe un manga en 5 volumes, de Chiho Saito, qui a été publié en parallèle à la diffusion du dessin animé. L'intrigue est globalement identique sur les deux supports même si certains personnages sont moins developpés dans le manga. Seule la fin est très différente sur support papier. En 1999, sort dans les salles japonaises un film intitulé Adolescence Mokushiroku (Apocalypse d'adolescence) Il a été édité en France fin 2006, dans l'indifférence quasi totale. Il faut préciser que cela faisait des années qu'il était annoncé. Ce film, à l'ambiance très sombre, reprend plus ou moins l'histoire de la série et du manga mais il a un ton résolument adulte et va encore plus loin dans le surréalisme. »

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