Or la question ne se pose pas ainsi.
Qu'on ait envie ou pas que ce soit biologique ou non, il faut accepter que des chercheurs aient envie de savoir ce qu'il en est vraiment, même si ça n'arrange pas certain(e)s.
Je lis très souvent un peu partout l'argument d'homosexuels : ce n'est pas de ma faute, je n'ai pas choisi d'être comme ça, car je suis né(e) comme ça.
L'origine biologique innée de l'homosexualité arrange manifestement un grand nombre d'homosexuels.
Probablement parce que, comme on le lit ici même, elles/ils pensent qu'ainsi, on sera moins tenté de les "guérir".
Or même si la cause de l'homosexualité était purement biologique et innée, ça n'empêcherait en aucun cas les religieux, les fanatiques et les idéologues homophobes de vouloir changer ou éradiquer les comportements homosexuels.
Je rappelle que nous sommes à l'ère du gène, des manipulations génétiques et de la thérapie génique.
D'un autre côté, même s'il y avait d'autres facteurs que seulement innés, c'est à dire aussi (ou seulement) des facteurs postérieurs à la naissance, ça n'empêcherait pas les homosexuels d'utiliser l'argument "ce n'est pas de ma faute". Est-ce que "c'est de la faute" de X s'il croit en dieu, s'il aime les épinards, etc. ?
A mon avis, c'est la notion même de faute qui pose problème, tout autant voire plus quand elle est évoquée par les homosexuels eux-mêmes...
Non, qu'on aime ou qu'on n'aime pas que les scientifiques se plongent dans le sujet de l'homosexualité, qu'on aime ou qu'on aime pas telle ou telle théorie, ce n'est pas ça qui compte pour l'intérêt de la recherche sur ce sujet.
Car c'est très très intéressant !
Ne serait-ce qu'intellectuellement (l'utilitarisme n'est pas la seule chose qui motive un chercheur).
Mais c'est aussi potentiellement utile.
De même que rechercher des causes ou des facteurs favorisants au fait d'être gaucher.
Ou des tas d'autres sujets.
Si vraiment le bouquin lu par une intervenante ici prétend que la recherche scientifique (y inclus la science sociologique, historique et littéraire !) n'a pas aidé - positivement - les gauchers à se faire accepter dans notre société, ce n'est pas un bon livre. Mais il ne dit probablement pas les choses comme ça, et il faut espérer qu'il parle aussi de la science et de la recherche d'aujourd'hui, pas seulement de celle d'avant guerre ou de la Renaissance (les gauchers étaient paraît-il tout à fait tolérés au moyen âge)...
(Une intéressante et toute récente émission sur France Culture ici)
Quoi qu'il en soit, même les scientifiques d'avant guerre n'étaient probablement pas tous des vilains méchants qui ne cherchaient qu'à nuire aux homosexuels.
Il devait d'ailleurs, comme au sein du reste de la population, y avoir parmi eux un certain nombre d'homosexuels...
Un prof de physio n'est pas forcément un scientifique, loin de là. La preuve.Je deteste quand les scientifiques s'attaquent à ce sujet....
L'an dernier, mon prof de physio animale
Un scientifique, ni un bon prof (devant des élèves auxquels il est censé enseigner des bases factuelles de son domaine), ne devraient affirmer mordicus une thèse qui n'a pas fait sa preuve à l'heure ou il en parle...
Quant à la question de savoir pourquoi les chercheurs s'intéressent aux étiologies de l'homosexualité et non pas de à celles de l'hétérosexualité : d'abord si, bien sûr, ils s'interessent aux deux, puisque l'un ne peut se comprendre sans l'autre.
S'il y a des facteurs génétiques et autres causes de l'homosexualité, il y a leurs pendants pour l'hétérosexualité.
Ensuite, il est tout à fait naturel qu'un chercheur (ou la société) s'interroge sur les faits et les choses rares ou peu fréquentes. Eh!
Bref, il y a une distinction à faire entre ce qu'on a envie ou pas d'entendre, et la légitimité des chercheurs à chercher sur un sujet.
Attention, parce qu'une théorie ou une autre nous semble mettre notre image de nous même ou notre Être en cause, à ne pas tomber dans l'obscurantisme.
