Devant la folie "Lost Girl", assez communicative, surtout quand on regarde les clips qui traînent sur Youtube, je me suis faite avoir... Michelle dirait sans doute "comme d'hab" : n'est-ce pas Michelle ?
Alors, je n'ai vu que les 4 premiers épisodes, donc pas de
spoiler dans ce qui va suivre. Ce que j'aime dans la série du point de vue de la représentation lesbienne, c'est qu'il n'y a pas de séparation entre hétéros d'un côté et homos de l'autre. En fait, Bo ne se pose pas la question. Elle se nourrit du désir qu'elle provoque chez les autres, qu'elle en soit à l'initiative avec son espèce de "pouvoir chauffant" représenté par des ondes rouges, ou son pouvoir vampirisant et absorbant (ondes bleus). Il n'y a pas que Lauren sur laquelle elle semble "jeter son dévolu" quand ça l'arrange : plusieurs femmes ont un "contact" très troublant avec la succube et sont immédiatement fascinées et sous son emprise, ne se posant pas la question du bien ou du mal. Bref, comme chantait dans les années 80 Phlippe Lafontaine, les victimes de la belle succube n'ont "qu'une seule envie, se laisser tenter" car le "crime est si gai" (à entendre dans l'acceptation queer que n'avait pas chanson au départ, malheureusement) et Bo est bien gaulée. bref, ça se bécote souvent entre filles. Réjouissons-nous...
Cependant, garde !
La "pote" de Bo qui l'accompagne insiste plusieurs fois sur le fait qu'elle n'est pas lesbienne et qu'elle n'est pas intéressée par une relation sexuelle destructrice avec sa protectrice. Rien de la relation Gaby/Xena ici. Toutefois, quand elle le voit coucher avec une furie et son mari, puis jalousée par une humaine tombée sous son emprise, elle le remarque aussitôt. De même, elle indique à Bo que Lauren n'est pas insensible aux charmes troublants de la succube.
Cette espère de sexualité décomplexée et non problématique n'est en fait que relative, car au lieu d'avoir une frontière homo/hétéro, Bo est confrontée à la limite relation sans causer la mort (donc avec des Fae) ou relation pouvant causer la mort (donc avec des humains). Du coup, si c'est mal barré ou plus difficile avec Lauren, c'est pour des raisons différentes de celles qu'on voit d'habitude. Et donc, du coup, Lauren est un objet de désir compliqué pour la succube car elle doit se contrôler. Cette sexualité sous contrôle lui pompe de l'énergie alors que celle débridée et animale avec Dyson la galvanise et recharge ses batteries.
Lauren en vaut-elle la peine ? On retrouve un argument de nature qui semble légitimer la sexualité entre gens de même espèce...
Bo restera-t-elle celle qui veut être libre, c'est-à-dire celle qui a choisi le camp à problème des humains ???
Je veux bien regarder la suite rien que pour voir si la série tient sa route anti-conformiste ou redessine une autre frontière biopolitique...
Je retourne dans ma ruche et cesse mes bourdonnements perturbateurs et prises de tête
Bon dimanche les
Lost Girls...