Je viens de visionner
Fur (
fourrure) de Steven Shainberg avec Nicole Kidman, Robert Downey Jr. et Tyler Gerald Burrell, sorti en 2007.
Le film avait retenu mon attention pour deux raisons.
D'une part, en creusant le film
Carol de Todd Haynes, j'étais tombée sur plusieurs photographes de rue new yorkais dont
Diane Arbus (1923-1971) qui avait éveillé ma curiosité.
D'autre part, en creusant l'actualité de Rooney Mara (qui joue au côté de Cate Blanchett dans
Carol), j'étais tombée sur
Lion (qui sort actuellement dans les salles françaises), film dans lequel elle joue aux côtés de Nicole Kidman.
Cette actrice était lointainement nimbée, dans mon esprit, du halo de la star américaine surfaite.
Dans son apparition aux côtés de Rooney Mara, lors d'interviews, quelque chose m'a touchée dans sa façon d'être...également dans le graphisme photographique du film, l'époque.
Ces deux raisons m'ont donc dirigée vers
Fur.
Je dois dire que j'ai été portée, de part en part, par le jeu de l'actrice !
Elle y apparaît totalement ingénue, décalée, dans le monde de richesse dans lequel elle évolue.
Elle joue à merveille cet attrait pour le locataire du haut, transcendant les normes polissées de son monde.
L'attaque du sujet par le biais du conte, sans tomber dans le fantastique, est vraiment bien vue.
J'ai bcp aimé ce flirt permanent entre conte et réalité.
On ne peut s'empêcher de penser à
La Belle et la Bête mais aussi à
Eléphant Man de David Lynch.
Bcp d'érotisme dans l'approche des deux personnages.
A travers le visage, caché par ses poils, de Lionel et en même temps à travers ce timbre de voix calme, chaud, grave, posé, envoûtant. Bcp aimé cette voix de Robert Downey Jr..
De l'érotisme à travers ce regard sans peur, plutôt de curiosité, puis de désir que Diane porte sur cet être différent mais humain en fin de compte, qui renvoie aux photographies qu'a faites le personnage dans la réalité, qui donnaient une humanité aux personnages vivant dans l'ombre.
En revanche, j'ai vraiment trouvé dommage ce parti pris du scénario de retomber, sur sa note finale, dans le schéma classique du conte qui transforme physiquement le crapaud en prince charmant.
L'humanité physique retrouvée de Lionel a rompu, dans mon regard, ce charme délicieux, délicat, saupoudré, de toute la trame narrative antérieure.
Sa pilosité faciale avait quelque chose de beau, d'émouvant avec ce quelque chose de triste dans le regard.
J'attendais, dans cette très belle scène où Diane rase Lionel (là encore très érotique je trouve), à ce que sa pilosité refasse surface (à la façon de cette scène extraordinaire de
Black Swan où les plumes prennent racine sur le corps de Nathalie Portman), comme il le dit lui-même en début de scénario, afin qu'il soit aimé avec sa différence.
Ce retour à la norme rompt vraiment le schéma narratif de tout le film.
La scène de sexe (Cate Blanchett, dans un interview, explique qu'il faut toujours se poser la question de ce qu'elle apporte dans un scénario) n'appuie en rien, à mon sens, tout ce que déroule antérieurement le scénario. Il lui donne même, dans mon regard, une certaine fadeur.
Enfin, bcp aimé le thème du masque, donc du caché, du mystère.